C’est une
ado qui prend des poses de filles dessalées pour retrouver la saveur des jeux de l’enfance.
En attendant « les histoires qui l’inventeront », elle se déguise en pute de luxe, seins pointus sous la robe légère en plein hiver, escarpins vacillants.
A force, elle réussit à séduire un type qui la guette à la sortie du collège. 50 ans, étranger, il a les gestes doux et un
regard de dévotion devant cette poupée décidée à se déflorer à l’hôtel pour pouvoir dire « j’ai un amant ».
L’auteur (une surdouée suédoise qui écrit directement en français), a l’intelligence, et le talent, de se concentrer sur le monde intérieur de sa « Lolita » en évitant toute « glauquerie » pédophile.
Sa vision plutôt crue de l’adolescence est d’une justesse qui balaie les préjugés et imprègne son roman d’une poignante nostalgie. C’est très beau.
LA TENTATION DE L’APRES, roman de Emily Tanimura, 128 pages, Gallimard.
Plus de critiques à propos de La Tentation de l’Après