Ce
roman de « mœurs
antiques », qui se déroule à Alexandrie, raconte l''histoire de la
courtisane Chrysis, et de Démétrios, un
sculpteur. Chrysis
est Belle comme Aphrodite,elle
rêve d''amours extraordinaires, mais, faute d''un dieu, elle se donne à tous. Démétrios,
lui, est l''objet d''un véritable culte parmi les femmes de la cité, mais il se
lasse de leur
amour. Il préfère son oeuvre aux femmes et sa statue d''Aphrodite
à la reine dont il est l''amant. Chrysis est la seule à ne pas succomber aux
charmes du sculpteur. Rendu amoureux par la résistance de Chrysis, Démétrios
accepte de voler et de commettre un meurtre pour lui procurer les 3 objets
qu''elle exige en paiement de ses charmes: un peigne, un miroir et le
collier d''Aphrodite. Après l''accomplissement de ses méfaits, le sculpteur fait un rêve
dans lequel Chrysis lui offre la nuit d''amour qu''il désirait. Chrysis en vient
à aimer l''homme qui est allé jusqu''au crime pour elle, mais Démétrios la
rejette, son rêve lui suffit. Il lui fait jurer de se montrer avec les objets
volés. En portant le collier d''Aphrodite, elle réalise son rêve, mais le paie
de sa vie. Arrêtée et condamnée à mort, Chrysis boit la fatale ciguë.
Démétrios, indifférent, se sert du corps de la morte comme modèle, pour
sculpter une statue intitulée « Vie éternelle ».
Pierre Louÿs, bibliophile,
érotomane écrit là son premier roman dans un style associant raffinement
extrême dans la volupté et décadentisme. Cette œuvre est une véritable histoire
d''amour et ne rentre pas dans le registre pornographique de certaine de ses œuvres
suivantes comme Trois Filles de leur mère.
C''est en « Athénien », pour qui
« il n''y a rien de plus sacré que l''amour physique, rien de plus beau que
le corps humain », que Louÿs écrit Aphrodite. Dans Alexandrie où
l''amour tient la première place (les amours de Chrysis, la bacchanale du banquet,
l''amour saphique des deux musiciennes, les fêtes d''Aphrodite), seul Démétrios
conçoit un idéal. Il redoute « l''attitude de l''amour qui est l''allongement
du tombeau », et la femme qui éloigne « de l''épée, du ciseau ou du
pinceau ».
Ce roman connaîtra un très grand succès à son
époque.
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