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Depuis sa sortie, ce roman défraie la chronique. Si vous n’y avez pas encore succombé, c’est le moment.
Emmanuel Carrère déballe tout. Ses secrets de famille, sa sexualité, ses obsessions. Réalité ou fantasme ? La frontière est parfois floue. En le lisant, le lecteur se sent voyeur, presque coupable, tant l’écrivain fait preuve d’impudeur. L’auteur de L’Adversaire (Gallimard, Folio, 2001) joue l’autofiction jusqu’au bout, ne prend pas de gants, n’épargne personne. Mais c’est si fort, si sincère, si audacieux que les pages défilent à toute allure. Trois parties – un sombre reportage en Russie, une histoire d’amour teintée d’érotisme qui finit mal, des flash-backs d’une enfance à l’ombre d’un grand-père dont one ne parle pas – s’imbriquent pour tisser un roman vertigineux. Les dernières pages, écrites directement à sa mère, l’académicienne Hélène Carrère d’Encausse, qui ne voulait absolument pas que son fils écrive ce livre, sont bouleversantes. En le refermant, on se demande, les yeux humides, si les romanciers ne sont pas un peu fous. Mais peut – être que cette folie-là s’appelle le talent. Et on se demande ce qu’Emmanuel Carrère va bien pouvoir écrire après ça.
Publié le : septembre 27, 2007
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