Robert Walser
est un écrivain allemand du 20éme siècle dont "l'institut benjamenta" est le roman le plus connu alors que le reste de son oeuvre a été totalement éclipsé à part pour quelques initiés.
On l'a pourtant souvent comparé à Kafka mais il
semble que lui-même ne cherchait pas la reconnaissance et surtout pas la gloire. Tout ce qui constitue l'originalité de son oeuvre: l'exactitude, l'imprécision, la gravité, la légèreté, l'irrévérence et le repect n'ont pas été sans risques pour l'équilibre de son esprit. L'auteur a passé sa vie à errer, tel un vagabond, de ville en ville sans jamais pouvoir enfin s'établir. Il est resté seul, sans argent jusqu'à la fin de sa vie ou il fût interné dans un asile, ce qui mit fin à ses pérégrinations.
Le récit de l'institut
benjamenta est ambigue, drole.
L'histoire se déroule dans un inquiétant
institut dont l'édifice serait plutôt celui d'un sombre chateau. Son existence semble être ignorée, c'est un lieu d'apprentissage mais d'une éducation à ne rien vouloir, à ne rien devenir et en aucun cas à n'aspirer à être quelqu'un. Les motivations des jeunes y entrant sont floues tout comme le passé de l'institut et des personnes qui y demeurent.
Le personnage principal, Jacob Von Gunten met toute son ambition à faire de lui-même une nullité pour échapper au cercle hostile où on l'enferme. C'est un jeune homme léger, frivole et content de son sort. Sa passion de l'échec et sa volonté de servir font de lui un personnage battu d'avance qui nie
même quelconque épreuve qu'il aurait à subir. Il met toute sa fièrté à n'être que le dernier des valets, il nargue le monde d'en haut, se fout de lui-même. Sa recherche de l'échec semble être surtout une attitude ésthétique.
Le directeur de l'institut, Mr Benjamenta est un personnage austère, quasiment transparent dans le livre, du moins physiquement mais son ombre et sa volonté semble plâner sur les lieux ainsi que sur chacun des personnages . Le second adulte est la douce institutrice, Lise.
L'auteur a écrit un récit de conte de fées où la tradition folklorique se mèle à l'univers surréaliste et étrange. En effet, jacob nous rappelle le jeune prince quittant la maison pour partir parcourir le monde, s'éduquer à la vie et mûrir. Il trouve refuge dans une maison qui l'acceuille mais n'est pas sans danger puisqu'elle est l'antre de l'ogre, Mr benjamenta. La seule différence avec le conte c'est qu'ici, la vie quotidienne nous est racontée: les privations de l'argent, les difficultées de groupe. Évidemment les choses ne se terminent pas non plus comme dans le monde enchanté puisque la fée meurt, que le roi se fait détrôner au pouvoir de sa victime qui n'a finalement rien appris, reste vagabond et continue à réclamer sans cesse son peu d'importance. L'institut disparait, laissant place au néant.
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