"Les idées, c' est un gaz pauvre, un gaz détenu. C'est quand la voyance s'éteint qu'apparaissent les idées et les poissons aveugle de leurs eaux : L'intellectuelle . Jean Dubuffet
Chaque dimanche le matin à partir de 9h.
Dans une
écurie à Homet El Coucha,
Menzel Temime.
L'enfant est allongé sur une meule de foin dans l'écurie, une vielle
porte trouée bourrée de boues, de clous et de fil de fer. Une porte fermée illuminait son esprit par ses fissures à travers lesquelles se projettent des faisceaux de lumière sur son
corps. Avec un regard inquiet, il baigne dans l'infinité de grains de poussière qui évoluent dans ces
flux. Il se voit à la taille de ces grains sautant d'une particule à une autre, d'un faisceau à un autre dans le vide pour revenir à la projection des flux sur son corps. Toute cette infinité de reflets ne lui étaient suffisante, il projeta de sa bouche, dans le noir et les odeurs fétides ténébreuses de l'écurie des petits crachats, des fragments de son corps, des particules plus transparentes que les poussières, plus lumineuses lorsqu'elles se croisent avec ces flux, il redynamise ainsi par son souffle les particules originelles. C'était comme chaque dimanche une « prière lumière ». Ma « prière lumière » qui commence dès 9h du matin et se termine lorsque la terre décide de ne plus laisser les rayons solaires me transpercer à travers la porte du temple puant.
Introduction Une charge émotionnelle pareille due à l'émerveillement esthétique devant cette scène est peut être la
matrice suprême de toutes mes pratiques plastiques. Je cherchais vraiment une émotion esthétique analogue à celle-ci que se soit dans l'expression du vivant ou de l'inerte à travers les infinités : de l'infiniment petit à l'infiniment grand.
En fait, mon projet de cette année est d'une part un jeu d'enfant et d'autre part une méditation d'un vieux moine dans un autre temple puant : l'atelier de gravure où je redynamise et j'excite un dépôt de ma mémoire. Un temple nouveau ou chaque geste, chaque matière, chaque flux lumineux est vécu en négatif.
Un lieu dans lequel je me place entre l'opacité de l'écurie et la transparence de ce bocal à poissons aveugles, entre la matrice concrète et la porte de l'écurie, entre cette porte avec ses flux lumineux blancs et les égratignures bourrées d'encre noire.
Sur les matrices ou sur les tirages, ma tentative est de penser à l'existence d'un espace nouveau d'une certaine dimension cosmique par une mentalité comparative, plus ou moins culturelle. C'est aussi faire dans une mémoire manuelle par sa sensibilité et par le contact intelligent (le tactile) pour nourrir la faculté d’agir avant de concevoir… De voir avant de percevoir.
Le voyage du primaire à l'état pur vers la pureté du geste primitif est une rêverie d'un enfant éparpillé en poussières dans une écurie récupérée dans l'atelier de gravure sous forme de questionnement continuel à la recherche d'une matrice suprême et…
Comment la présenter ?
Comment l'édifier ?
Est-ce qu'on la présente comme unité originelle infiniment fragmentée ou comme ensemble de fragments assemblés ?
L'image d'une peinture est peut être aussi Matrice d'une émotion esthétique ?
Peut-elle se fragmenter, pour se dégrader vers d'autres unités graphiques isolées ?
La représentation de l'unité originelle peut-elle nous guider vers une pratique matiériste ?
Dans quelle mesure, mon attitude envers la matière, par rapport à la matrice, est génératrice ?
Où se situe mon corps par rapport à cette matrice ?
Peut-on exprimer la souplesse et l'inconsistance du jet sur le froid et la rigidité des matrices (bois, cuivre...) ?
Tout en laissant surgir la pureté d'un geste instinctif ou peut-être conditionné, tout en laissant le rêve se cristalliser, l'immatériel se matérialise et le geste d'éjaculation se « spermifie » se transforme en vie, l'envie est e de dépassement par rapport à ses dimensions caractéristiques.
Aujourdhui je trouve cet espace, je veux dire ce mi_lieu virtuel, favorable à une expression pareille...
j'installe donc ce texte et j'assume.
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