Titre : La
foire aux
cochons
Auteur : Esparbec
Editeur : La Musardine (Paris 2004)
Collection : Lectures amoureuses
ISBN : 2-84271-235-8
Roman érotique dégoulinant de réalisme, La Foire aux Cochons est une fresque ininterrompue de situations toutes plus scabreuses et graveleuses les unes que les autres.
Le fil de l’histoire est la tournée des grands culs, la virée lubrique et violente que décident de faire les deux Jack, dangereux repris de justice évadés du pénitencier.
Au cours d’un périple ahurissant, les deux pervers vont rencontrer Darling, collégienne vicieuse, délurée, que toute la ville suit à la trace, puis l’
institutrice, à qui ils feront subir les derniers outrages en présence de son mari.
Mais d’autres personnages apparaissent ; toutes leurs histoires vont s’entremêler. Citons Marge, une autre institutrice qui tombe dans les filets de Sigmund de Pigalle, violoncelliste bossu, vendeur de dessous féminins, maître chanteur, obsédé sexuel, qui va livrer la maîtresse d’école à la lubricité de ses écoliers.
On croise aussi Sam Parson, barman, qui adore faire voir sa
femme Lou Parson dans le plus simple appareil, et sur toutes les coutures, par ses clients, et qui aime encore plus la regarder se faire
prendre par eux de tous côtés, surtout lorsqu’il s’agit de clients qui la dégoûtent par leur vulgarité et leur volonté de l''avilir, et que la force doit être utilisée.
Il y a le shérif Prentis, brutal, qui, fort de l’impunité que lui confère l’uniforme, oblige toutes les femmes qu’il rencontre dans le cadre de ses enquêtes à satisfaire ses penchants machistes et sadiques. Même sa fille devra subir ses tendances perverses et incestueuses.
Il s’en passe de belles, et le rythme est hallucinant.
C’est si gros que cela ressemble à un pastiche, gothique et baroque, du cinéma spécialisé.
L’humour,
parfois féroce, sous-tend le texte, et évite la saturation qui peut parfois gagner le lecteur lorsque les scènes s’enchaînent sans le nécessaire repos du guerrier.
Un reproche : la domination absolue du mâle, la soumission définitive de la femme. Le narrateur est délibérément machiste.
A prendre ou à laisser, mais pas dans toutes les mains.
Patryck Froissart, le 20 février 2006
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