VALENTINO (Natalia Ginzburg)
Ce récit d’une quarantaine de pages commence par la description d’un milieu familial plutôt banal: le
père instituteur en retraite, la mère professeur de piano, une fille-qui
est aussi la narratrice- étudiante à l’instar de son frère Valentino, et leur sœur Clara qui est mariée à un représentant de commerce. La famille connaît des fins de mois difficile et vit dans une atmosphère de grisaille. Le père a place tous ses espoirs en Valentino à qui il prédit un brillant avenir, alors même
qu’il est un étudiant en médecine assez médiocre, préférant fabriquer des jouets pour les enfants de la concierge, s’admirer devant la glace et courir les jupons des jeunes lycéennes. Ce qui choque beaucoup sa sœur Clara qui est forcée de gagner sa
vie alors que leur père est prêt à toutes les dépenses pour Valentino. La fêlure apparaît lorsque Valentino présente aux siens Maddalena, une femme grosse et laide bien plus âgée que lui, mais qu a l’avantage d’être riche. Leur mariage et la naissance de leurs trois enfants ne modifieront en rien le comportement puéril de Valentino qui mène une vie futile et égoïste. Il se trouve un complice en la personne de Kit, un cousine de Maddalena, tout aussi oisif que lui. Kit, après avoir demandé la narratrice en mariage, rompt finalement les fiançailles au bout de trois semaines. Quelques temps après, elle apprend que son frère et Maddalena se sont séparés, en même temps que le suicide de Kit. Maddalena lui confie alors qu’après le décès de son cousin, elle a trouvé chez lui des lettres et des photos de Valentino prouvant qu’ils avaient une relation homosexuelle. Valentino revient vivre chez sa sœur où il poursuivra sa vie désœuvrée, le récit s’achevant sur ses silences mensongers et les silences complices de sa sœur.
Ce récit, publié en 1957, valut à son auteur le prix Viareggio.
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