Bonne Santé met en scènes six petites
histoires, que l’on imagine plus ou moins autobiographiques, sur les thèmes de la maladie et de la pratique médicinale et chirurgicale. C'
est un album basé sur le
témoignage, le vécu. On ne s’étonne pas de savoir Charles Masson
médecin, et de deviner un contenu de réflexion et d’autobiographie. Pour transmettre son témoignage et son expérience de médecin, Masson a choisit des procédés narratifs
très détournés et déroutants pour le lecteur. Ses histoires mettent souvent en scène des médecins, dans leurs gestes et habitudes de tous les jours. Ce que ces individus racontent, par
rapport à leur profession et leur expérience, n’est que rarement mis en rapport direct avec l’image. Le témoignage est graphiquement invisible. Dans Le Menteur et Le Prof, les deux premières histoires, les personnages principaux racontent leur vécu par l’intermédiaire du songe et du dialogue, au cœur de leur quotidien et de leur intimité. Dès le départ, l’impact du témoignage chez le lecteur est amoindri par cette cécité. Les pantoufles, la troisième histoire, est plus illustrative. Les propos du médecin sont pour la première fois de l’album mis en rapport direct avec l’image. L’histoire, dont est tirée l’illustration en quatrième de couverture, n’en a que plus d’impact et, la sobriété conservée, ne verse jamais dans le pathos. Vient ensuite La Carapace, qui traite du comportement des chirurgiens cherchant à se protéger de leur univers mentalement éprouvant. En insérant des strips humoristiques, Masson crée un univers décalé représentant parfaitement le refuge que peut constituer l’humour. Dans sa deuxième partie, l’histoire verse plus dans un surréalisme déroutant. Inutile de continuer plus loin dans l’énumération : vous l’aurez compris, Bonne Santé n’est pas un témoignage documentaire. C’est une vision tourmentée, imagée, voire même abstraite du milieu médicinal et de la maladie. Les histoires livrées sont difficiles d’accès, parfois très peu compréhensibles (Madame Lustucru). Bonne Santé est un album constitué de chroniques à qualité variable, selon les degrés de sensibilité et d’appréciation de chacun. Indéniablement, le contenu est honnête et intense, mais sa mise en forme, très peu académique et plutôt difficile d’accès en découragera plus d’un !
Plus de critiques à propos de Bonne Santé