On s’amuse beaucoup aux Etats-Unis, dans les années vingt. Alors que l’Europe émerge des ruines de la guerre, à New York, la jeunesse dorée a la fièvre ; C’
est la folle époque de la prohibition, des débuts du cinéma, l’âge d’or du jazz. Partout, on affiche un luxe tapageur. Des torpédos rutilantes foncent à tombeau ouvert d’une fête à l’autre et l’alcool interdit coule à flots. On ne pense
qu’à passer du bon temps.
En cet été de 1922, un nouveau venu, qui dit se nommer Jay Gatsby, défraye la chronique de Long Island, la banlieue huppée de New York. Ce jeune
homme est prodigieusement riche et le beau monde se bouscule aux fêtes somptueuses qu’il organise. Chaque nuit, dans le parc de son château, c’est un tourbillon de musique, de danse et de champagne, de jolies filles et de jeunes élégants. De toute la région, on vient se montrer et se divertir chez lui. Mais nul ne saurait dire qui est réellement cet homme ni d’où il vient. Est-ce un parvenu, un nouveau riche, arrivé au faîte de la gloire grâce à de louches combines ? Peut-être un mythomane ? Ou bien encore un aventurier ? Ses invités ne se privent pas d’émettre des hypothèses qui font couler des frissons dans le dos des jeunes filles romanesques. Certains chuchotent même qu’il a tué un homme et qu’il cherche à noyer ses remords dans ces fêtes extravagantes. D’autres affirment encore qu’il fut un héros de guerre ou bien un espion.
Fidèle à sa légende, Gatsby s’enveloppe de mystère et savoure sa puissance, ne montrant d’autre souci que celui de plaire et d’éblouir tout le monde. Mais lorsque les vacarmes de la fête se taisent et qu’il demeure seul dans le grand parc désert, Gatsby devient un autre homme. Un homme aux yeux troubles et tragiques, un homme hanté par le fantôme d’un ancien amour. C’est cet homme-là que le jeune Nick Carraway surprend, par une nuit de juin, debout face à la mer, tendant douloureusement les bras vers une petite lumière verte qui clignote de l’autre côté de la baie.
Fraîchement débarqué de son Middle West natal, Nick habite une petite maison qui jouxte le domaine de Gatsby. Très vite, les deux hommes sympathisent. Fasciné par l’étrange personnalité de son voisin, Nick brûle de connaître son secret.De l’autre côté de la baie, non loin de la jetée où brille la petite lumière verte, se trouve la résidence de Tom Bucharnan, un milliardaire. Daisy, son épouse, est la cousine de Nick. C’est une jeune femme charmante et distinguée, incarnation resplendissante d’une société fondée sur le luxe et le raffinement. Nick a pour sa cousine une admiration sans réserve, mais il méprise Tom Buchanan, qu’il trouve rustre et aigri. Aussi, quand il découvre que Gatsby a eu jadis une liaison passionnée avec Daisy, Nick comprend que celui-ci, parti de rien, a échafaudé en quelques années une fortune gigantesque et organisé mille fêtes insensées dans le seul but de reconquérir la femme qu’il n’a jamais cessé d’aimer. Emu, Nick n’hésite pas une seconde : il accepte de s’entremettre en faveur de son nouvel ami. Un après-midi, sous une pluie torride qui brouille le paysage, une voiture s’arrête devant la maison de Nick. Une portière claque et Daisy, radieuse, le visage inondé de pluie, bavarde gaiement avec son cousin qui l’entraîne vers la maison. A l’intérieur, fébrile, bouleversé, Gatsby attend. Les retrouvailles des deux amants seront tendres, émouvantes. Daisy n’a pas oublié ce beau lieutenant qu’elle avait aimé avec toute l’ardeur de ses vingt ans. Mais c’était il y a longtemps, les années sont passées, la guerre, le silence. Leur amour a-t-il résisté à l’épreuve du temps ? Déjà Gatsby entraîne Daisy vers ce grand château peuplé de splendeurs que pour ses yeux seuls il a fait surgir du néant…
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