Raconter la
vie et les frasques d'une personne banale et en faire une fresque, une épopée dont on ne saurait souffrir d'ignorer la
fin, voilà le pari réussi d'Anna Gavalda dans son roman "Ensemble, c'
est tout." Et c'est vraiment tout. Très vite, on se prend d'amitié, puis d'amour pour cette Camille, personne insignifiante, dessinatrice hantée, qui erre dans sa vie comme un loup famélique et solitaire dans les steppes arides d'une vie
plutôt difficile. Autour d'elle, des
hommes. Deux, pour être précis. Philibert, digne représentant d'une ancienne noblesse de fin de race, dont il a su garder l'antique honneur et la dignité, celle de l'humain. Puis, il y a Franck, un cuistot, bourru et plutôt con, que l'on déteste rapidement avant de s'en ammouracher définitivement. On l'imagine, joué par Clovis Cornillac qui lui prêterait ses traits. Ces deux là, tout près de Camille, aussi paumés qu'elle, tourbillonnent sans direction, comme des insectes à la lumière d'une lampe à pétrole. Ces trois s'aiment, se déchirent, se détestent et se rendent compte que ce qui fait notre vie à tous, ce sont nos refus, nos absences, nos dénis, nos drames et nos évitements. Tout cela, bientôt, devient
joie et même joie de vivre. Cela devient amour, folie, partage et
aventure. Car c'est cela le livre d'Anna Gavalda, faire d'une vie banale,à la notre pareille, une véritable aventure, à la notre pareille.Le lecteur, fasciné, amoureux, fiévreux, dévore ce roman comme s'il avait trouvé le graal, la corne d'abondance, l'intarrissable source de la joie. J'ai passé quelques nuits merveilleuses avec Anna, puisque nous sommes intimes maitenant, et j'ai rendu grâce à son talent qui cache le pouvoir d'empoter les âmes légères vers des ailleurs pas forçément meilleurs, mais où l'aventure de la vie se termine bien. Comme le début, la fin est belle. "Ensemble, c'est tout", c'est du lien entre les hommes.
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