Né à Tunis en 1332 et mort au Caire en 1406, il fut trèslongtemps oublié. . Historien etphilosophe arabe(732-808 de l’hégire, 1332-1406 de J.C.)Historien, philosophe, sociologue, juge, enseignant, poète, aussi bien qu’hommepolitique.Célèbre inconnu, sa réputation
est considérable. Né à Tunisen 1332 et mort au Caire en 1406, il fut très longtemps oublié. Penseur d'uneenvergure exceptionnelle, il transcende son époque, de sorte que "Le Livre des Exemples", son grand œuvre, est un livrepour notre
temps. La famille Khaldoun est originaire de Séville; elle se transporta àTunis vers le milieu du VIIe siècle (de l’hégire), lors de l’émigration qui eutlieu après la prise de Séville par Ibn Adfonch, roi des Galiciens...Je me mis alors à cultiver la poésie, et je composai un grand nombre depièces qui étaient, du reste, assez médiocresVers la fin de son règne, Abou Salem me chargea du redressement des griefs,et me procura ainsi l’occasion de faire droit aux justes réclamations de biendu monde; j’espère que Dieu m’en tiendra compte!Le vizir Omar, s’étant mis à la tête des affaires, me confirma dans mesfonctions et m’accorda une augmentation d’ictâ et de traitement. Je medécidai pour l’Espagne, et, au commencement de l’an 764, j’envoyai ma femme etmes enfants à Constantine, pour y rester auprès de leurs oncles maternels. J’écrivisà Ibn el-Ahmer,
sultan de Grenade, et à son vizir Ibn el-Khatîb, pour lesinformer de ce qui m’était arrivé, et je partis ensuite pour Grenade. Le huitièmejour du premier rebiâ 764, je m’approchai de la
ville, et le sultan, quis’était empressé de faire tapisser et meubler un de ses pavillons pour maréception, envoya au-devant de moi une cavalcade d’honneur, composée desprincipaux officiers de la cour. Dès ce moment le sultan me plaça au premierrang parmi les personnes de sa société, et me fit son confident, le compagnonde ses promenades et de ses plaisirs.D’ailleurs j’étais revenu des séductions du pouvoir, et, comme j’avaisnégligé depuis longtemps la culture des sciences, je désirais m’abstenir de lapolitique pour m’appliquer à l’étude et à l’enseignement…. Quand Abou Hammou reçut la nouvelle de l’occupation de Tlemcen par lesultan Abd el-Azîz, il se hâta de quitter El-Bat’ha avec sa famille et ses partisans,les Beni Amer. Je restais à l’ombre tutélaire du gouvernement, et je m’adonnaisà l’étude et à l’enseignement.… Je fixai mon séjour chez eux, et ilsenvoyèrent à Tlemcen chercher ma famille et mes enfants. Je m’établis alorsavec ma famille à Calât Ibn Selama, château fort situé dans le pays des BeniToudjîn et que les Douaouïda tenaient du sultan comme ictâ. Lorsque jepassai à l’Histoire des Arabes, des Berbers et des Zenata, après avoir terminéles Prolégomènes, je désirai beaucoup consulter plusieurs livres et recueilsqui se trouvent seulement dans les grandes villes; j’avais à corriger età mettre au net un travail presque entièrement dicté de mémoire; maisvers ce temps je fis une maladie tellement grave, que, sans la faveur spécialede Dieu, j’y aurais succombé.Peu de temps après, je reçus des lettres de grâce et l’invitation d’aller letrouver sans retard.Sachant qu’il y avait dans le port un navire appartenantà des négociants d’Alexandrie et chargé de marchandises pour cette destination,j’implorai le sultan afin qu’il me laissât partir pour la Mecque. Ayant obtenuson consentement, je me rendis au port, suivi d’une foule d’étudiants, et despersonnages les plus éminents de la cour et de la ville. Le 1er dumois de dou’l-hiddja (5 février 1383) j’entrai dans la métropole del’univers, le jardin du monde, la fourmilière de l’espèce humaine, le portiquede l’islamisme, le trône de la royauté, ville embellie de châteaux et depalais, ornée de couvents de derviches et de collèges, éclairée par des luneset des étoiles d’érudition. Sur chaque bord du Nil s’étendait un paradis;le courant de ses eaux remplaçait, pour les habitants, les eaux du ciel,pendant que les fruits et les biens de la terre leur offraient des salutaions.… En l’an 786 (1384 de J. C.), le sultan déposa le cadi malékite, et me fitl’honneur de me désigner pour remplir la place vacante…. Ainsi un seul coupm’enleva à jamais richesses, bonheur et en-fants. !Ibn Khaldûn (ou "Ibn Khaldoun") jette les fondements del'anthropologie et de la sociologie. Est-il utile de rappeler que la Constitutiondes Etats-unis s'inspire très directement des thèses exprimées par Montesquieudans son ouvrage majeur «L'Esprit des Lois» en 1748.
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