Si pour les lettresfrançaises la grande figure du 18e
siècle est Voltaire et celle du 19e siècleest Victor Hugo, Jean-Paul Sartre émerge probablement comme la personnalitélittéraire et intellectuelle la plus marquante du 20e siècle. L’Autre est un problème,car sa liberté se heurte toujours à la mienne et inversement. Le secondpersonnage est une femme qui a tué son enfant et dont l’amant s’est suicidé.Philosophe comme Sartre, Simone de Beauvoir est surtout connue pour sonimportant ouvrage, Le Deuxième Sexe (1949), considéré comme l’un destextes fondateurs du féminisme et de la lutte pour l’émancipation des femmes.La volonté humaine - son désir éternel de comprendre et de faire la lumière -bute sur l’irrationalité de ce qui l’entoure et qui n’a d’autre aboutissementque la mort. En 1942, Camus publie deux ouvrages essentiels et complémentaires,L’Etranger et Le Mythe de Sisyphe. Le narrateur de LaRecherche écrit sous le "je" autobiographique qui revit son passétout en le narrant (il vit l’action et en fait le récit). Le tempsjoue un rôle essentiel dans cette projection de l’esprit sur les choses, carl’homme change et vieillit et sa perception s’en trouve modifiée. Avec Proust, le romanchange de direction, s’éloignant du réalisme comme du symbolisme. Proustreproche au
roman réaliste de n’être qu’un "misérable relevé de lignes etde surfaces". Le roman n’est plus, selon Proust, une sorte de "défilécinématographique des choses", mais une interrogation sur l’auteur et sonoeuvre.Depuis Paludes(1895) et les Nourritures terrestres (1897), jusqu’à son dernier écritintitulé Thésée (1946), Gide illustre abondamment par la diversité deses oeuvres la recherche à la fois d’une
littérature potentielle et de l’individualismede l’écrivain, sa quête du plaisir, de la sensualité liée au goût des choses.Dans les Caves du Vatican (1914), Gide poursuit son travail de sabotagedes valeurs catholiques et bourgeoises en carricaturant les dévôts de l’Egliseet les hommes de lettres; son héros, Lafcadio, ne semble entendre qu’une seulevaleur, celle de la liberté.Après l’enthousiasme des "années folles",l’euphorie des découvertes et des révolutions (le
Surréalisme), le roman desannées trente revient vers les préoccupations de l’époque : Saint-Exupérypublie Vol de Nuit (1931), qui illustre les progrès de l’aviation, alorsque Malraux publie La Condition humaine (1933), une chronique dela révolution de 1927 à Shanghai, et s’inspire des débuts du nazisme enAllemagne (Le Mépris, 1935) ou de la guerre d’Espagne (L’Espoir,1937). En même temps, portée par les événements politiques, une sorte delittérature du désespoir apparaît, qui annonce l’existentialisme del’après-guerre, et qui atteint un paroxysme avec les romans de Céline, Voyageau bout de la nuit (1932) et Mort à crédit (1936). En s’inscrivant dansl’histoire proche ou immédiate, le roman des années trente prend la saveur duvécu et de l’expérience personnelle de l’écrivain. Alors que Malrauxparticipe à des révolutions dans le
monde entier, Aragon milite au particommuniste, ainsi que Gide pour un temps; Bernanos, malgré sonpassé d’homme de droite, prend le parti des révolutionnaires de la guerrecivile en Espagne; Brasillach et Drieu la Rochelle optent quant àeux pour les fascismes.Les 27 volumes desHommes de bonne volonté sont une vaste fiction d’un passé situé entre 1908et 1933, qui exprime dans le
mouvement et la multiplicité, dans le détail et ledevenir, une vision du monde moderne. Le roman, où des personnages multiples,individus, groupes, familles, paraissent et disparaissent tour à tour, donnel’impression d’une gigantesque symphonie.Ce mouvement littéraire, dont on peutdater les activités entre 1924 et 1939, représente un développement majeur dansla création et l’esthétique contemporaines. Plus qu’un mouvement artistique etlittéraire, le surréalisme est aussi une "véritable révolutionculturelle, puisqu’il nous propose un bouleversement des idées, des images, desmythes, des habitudes mentales qui conditionnent à la fois la connaissance quenous avons de nous-mêmes et notre engagement dans ce monde." Le surréalisme est avanttout une réaction contre la société et ses contraintes qui conditionnentl’existence. Le surréalisme a un ancêtreplus jeune encore, le mouvement Dada, qui se développe entre 1916 et 1921, etauquel André Breton (1896-1966), le théoricien du surréalisme, s’associe pourun temps. Breton rencontre Tzara lors de son arrivée à Paris et presqu’immédiatement,la revue Littérature que Breton dirige prend un ton dadaïste,essentiellement dérisionnaire et destructif. En 1924, André Bretondéfinit dans un Manifeste la nature du surréalisme. Dictée de la pensée, enl’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toutepréoccupation esthétique et morale".On a reproché auxsurréalistes de n’être que des "révolutionnaires de salon", à l’écartdes réalités du monde. Le mouvement surréalisteconnaît de nombreuses querelles intestines, certains membres sont exclus(Soupault et Artaud en 1926, parce qu’ils attachaient trop d’importance à la"littérature", d’autres le joignent plus tard (Dali, Bunuel, RenéChar), surtout après la publication du Second Manifeste, en 1929. En 1933,Breton et Eluard rompent avec les communistes d’URSS, mais le mouvement gagneune audience internationale et Breton voyage beaucoup. Le mouvement surréalisten’a peut-être pas changé la face du monde et de la société, comme ses membresle voulaient, mais il a marqué le monde de l’art de manière définitive etradicale, en créant un espace pour une création artistique libérée de toutecontrainte.
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