Le
régime khmer rougeest coupable de génocide à cinq titres au moins. Ses victimes furent lemonachisme bouddhiste du Cambodge et au moins quatre minorités ethniques : lesVietnamiens, les Chinois, les Thaïs et les Chams, minorité musulmane. Quelquespetites tribus, comme celle des Kolas, ont été rayées de la carte. Les Khmers
rouges ont aussi commis des crimescontre l'humanité en déportant, massacrant, affamant volontairement lapopulation urbaine, ainsi que des crimes de guerre contre le Vietnam voisin.Tous ces crimes violaient le droit international comme le droit interne duCambodge. Le gouvernement Hun Sen, qui a combattu les Khmers rouges pendantdeux décennies, souhaite peut-être oublier et pardonner aujourd'huPol Pot, le "Frèrenuméro un", qui conduisit le régime génocidaire,
est mort de sa belle mortle 15 avril 1998. Cinq autres hauts dignitaires khmers rouges au moins restentvivants et impunis. Ieng Sary, numéro troisdu régime, était le vice-premier ministre de son beau-frère Pol Pot. Legouvernement cambodgien lui accorda un pardon restreint et il conserva son fiefdans le nord-ouest du Cambodge. Cette amnistie provoqua l'émiettement desforces khmères rouges à mesure que d'autres chefs cherchaient à conclure desaccords semblables. En 1997, le chef de la sécurité khmère
rouge, Son Sen,soupçonné par Pol Pot de vouloir faire défection à son tour, le paya de sa vie.Khieu Samphan, Nuon Chea et le commandant militaire khmer rouge Chhit Choeun(alias Mok) accusaient désormais Pol Pot d'être un "traître". Pol Potpouvait encore donner des conférences de presse, se plaindre d'ennui et desmoustiques dans sa "maison de détention" sous contrôle khmer rouge. PolPot est mort, abandonné dans sa case en pleine jungle. Les hauts dignitairessurvivants du régime khmer rouge peuvent aujourd'hui être arrêtés et jugés. NuonChea, Khieu Samphan, Ieng Sary et Ke Pauk sont tous passibles de poursuites.Un groupede juristes des Nations unies, constitué pour répondre à l'appel bipartite dugouvernement cambodgien de 1997, s'est rendu à Phnom Penh en novembre pourexaminer les nombreuses preuves. On s'attend à ce qu'il rende son rapport enfévrier. C'est grâce au gouvernement cambodgien que l'armée khmère rouge a étédémembrée et vaincue et que la plupart de ses chefs se sont livrés. Il revientmaintenant à la communauté internationale de s'assurer que justice sera rendueaux victimes.
Plus de résumés à propos de Désolés pour le génocide…