Traduit de l’espagnol (
Argentine) par Isabelle Gugnon Le Fjord et Sebregondi
recule sont les deux œuvres inaugurales d’un auteur culte en Argentine. Paru en 1969, Le Fjord a d’abord circulé dans une semi clandestinité. Traversé par un travail poétique qui constitue le cœur de l’art lamborghinien, Le Fjordest un continuum délirant, sexuel et politique. Le texte débute par unaccouchement apocalyptique qui se prolonge en débauche incestueuse, enorgie scatologique, le rituel sacrificiel s’achevant par un parricide. Le Fjord, avatar de Totem et Tabou, meten scène la horde primitive et le meurtre du père à la lumière dessoubresauts de l’histoire argentine. Porté par la virtuosité hallucinéed’une langue qui évoque celle d’Artaud, Le Fjord, plus qu’un joyau de la littérature argentine,
est un texte fondateur et mythique. On retrouve dans Sebregondi recule, paru en 1973, les obsessions qui hantent l’
œuvre de
lamborghini: l’impératif de la jouissance, le sexe comme relation de pouvoir, le substrat politique... Sebregondi reculemêle des vignettes poétiques servies par une écriture presquesurréaliste à des passages plus descriptifs, relatant notamment lesaventures homosexuelles du Marquis de Sebregondi (personnage inspirépar la figure de Gombrowicz) ou encore l’histoire d’un garçonprolétaire torturé par des enfants bourgeois… Le public français nepouvait plus longtemps ignorer l’existence de la plus étrange etfascinante œuvre littéraire venue d’Argentine depuis Borges. OSVALDO LAMBORGHINI est né en 1940 à Buenos Aires. La vie de cet écrivain mystérieux reste peu connue. Outre Le Fjord et Sebregondi recule,Lamborghini publie de son vivant un recueil de poèmes. Ses œuvrescomplètes ont été éditées à titre posthume par César Aira. Frère dupoète et romancier Leónidas, fervent admirateur d’Artaud et de Céline,Lamborghini s’adonne à la boisson et la cocaïne. Malade, il part vivreà Barcelone, où les trois dernières années de sa vie sont marquées parune grande activité créatrice. Il y meurt en 1985. Considéré comme un génie, cet écrivain n’a jamais été publié en France, mais un extrait de son œuvre « L’Enfant prolétaire » (tiré de Sebregondi recule) a été mis en scène en 2004 par Matthias Langhoff (Dernières nouvelles de Mataderos) et est paru dans la revue Frictions.
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