Traduit de l’anglais (États-Unis) par Gérard-Georges Lemaire La
Vie enfantine de La Tarentule
noire, par La Tarentule noire, premierroman de Kathy Acker, écrit en 1973, fut attribué à sa publication à unauteur dénommé La Tarentule noire, personnage que Acker inventa audébut des
années 70 (et fit même référencer dans l’annuaire). S’articulant autour du thème de l’identité en perpétuelle mutation, ceroman en six chapitres marque la naissance d’un
auteur majeur. Lanarration, polyphonique et ludique, porte tour à tour la voix d’uneempoisonneuse, d’une brigande, d’une catin ou d’une courtisane, maisaussi celle de Kathy Acker, ou d’auteurs puisés dans son panthéonlittéraire (Violette Leduc, Alexander Trocchi, William Butler Yeats, lemarquis de Sade…) Le jeu des masques, jubilatoire, permet à l’auteur dechanger constamment de personnage, de langage, de sexe, d’époque...Kathy Acker pratique la confusion des genres sexués, mais aussilittéraires, du récit picaresque anglais façon XVIIe siècle au cut-up à la Burroughs. Dans ce texte fondateur, Kathy Acker tisse avec une frénésie quasimasturbatoire la toile des thèmes qui hanteront toute son œuvre : laconstruction de l’identité, la hantise de l’oppression, la relationentre la sexualité et le langage, la création et le plagiat. La Vie enfantine de La Tarentule noire, par La Tarentule noire, ravit par la truculence, la spontanéité, la radicalité d’une voix poétique que la France a récemment redécouverte avec Sang et stupre au lycée. KATHY ACKER est née en 1947 à New York. Élevée dans une famille aiséed’origine juive allemande, la jeune Kathy ne trouve pas sa place dansla cellule familiale bourgeoise. Elle étudie la littérature, devientl’assistante de Herbert Marcuse, gagne sa vie en faisant du strip-teaseà Times Square. Elle participe à la scène littéraire new-yorkaise,collabore avec des groupes punk. Revendiquant l’héritage littéraire etcritique français (de Rimbaud aux post-structuralistes), saréappropriation de l’histoire littéraire lui vaudra le qualificatif depirate. Héritière de Burroughs, elle domine dans les années 90 la scènelittéraire avant-gardiste. Kathy Acker meurt d’un cancer du sein en 1997 à Tijuana. Traduite dansle monde entier, elle est enseignée dans un très grand nombred’universités, dans les pays anglo-saxons comme ailleurs, et notammenten France. L’un des plus audacieux et des plus brillants romanciers américains de ces trente dernières années. Los Angeles TimesSa sensibilité à vif, son intelligence subversive, son espritravageur font de Kathy Acker un auteur qui ne ressemble à aucun autre. New York TimesKathy Acker garde la flamme de nos frères de sang, Nerval et Artaud et Baudelaire. Diamanda Galás
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