GLOBALISATION ET CHANGEMENTS CLIMATIQUESLes changements climatiques pourraient bien être le problème le plus lancinant auquel l’humanité aura à faire face et la globalisation ne fera que l’aggraver. Le
groupe d’
experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GEIEC) prédit maintenant que la température à la surface de la terre grimpera de 5,8
degrés Celsius au cours du XX1’ siècle. Il faut noter que ce groupe d’experts n’a pas tenu comptede la destruction des
forêts tropicales. Ces forêts contiennent 600 milliards de tonnes de carbone, soit presque autant que la quantité qui se trouve dans l’atmosphère. Le directeur général du ‘’Programme environnemental des Nations Unies pour l’environnement’’ affirmait récemment que seul un miracle pourrait sauver ce qui reste des forêts tropicales.Le groupe d’experts n’inclut pas non plus les dommages causés aux sols par l’agriculture industrielle orientée vers les exportations. L’agriculture
est maintenant responsable de 25 % des émissions mondiales de gaz carbonique, de 60% des émissions de méthane et de 80% des émissions d’azote. Or ce sont tous des gaz à effet de serre. Les sols de la terre contiennent 1600 milliards de tonne de carbone, ce qui est deux fois plus que ce que renferme actuellement l’atmosphère.Ce carbonnesera relâché d’ici quelques décennies à peine, à moins d’un changement radical en faveur de pratiques agricoles viables, orientées vers la satisfaction des besoins locaux et en grande partie biologiques.Le ‘’Hadley Centre'' de la British Meteorological Organisation, a tracé un tableau encore plus alarmant que celui du groupe d’experts (GEIEC). Tenant compte de la disparition des forêts et des effets de l’agriculture industrielle, il conclut que la température moyenne sur la terre va augmenter, non pas de 5,8 degrés Celsius, mais plutôt de 8,8 degrés Celsius au cours du présent siècle. De nombreux autres climatologues sont d’accord avec ces chiffres. S’ils ont raison, ce sera terrifiant.Le groupe d’experts nous prédit
QU’il faut nous attendre à une augmentation considérable des vagues de chaleur, des tempêtes et des inondations, ainsi qu’à une prolifération des maladies tropicales dans les zones tempérées. Il nous prévient que nous devons nous attendre à voir le niveau des mers connaître une élévation qui pourra atteindre 88 centimètres, ce qui aura des répercussions sur près de 30% des terres agricoles de toute la planète. Une grande partie des côtes des Etats-Unis sera également menacée. Évidemment que si les prédictions du Hadley Centre sont justes, les conséquences seront encore plus néfastes que ce que prédisent les experts du GEIEC.Nous devons nous inquiéter fortement de la fonte de la calotte glaciaire de l’Antarctique, de l’Arctique et tout particulièrement du Groenland, qui est beaucoup plus rapide que ce que prédisait le groupe d’experts. Cette fonte réduira la salinité des océans et risquera de détourner de leur cours actuel les courants océaniques comme le Gulf Stream. Ce phénomène pourrait entraîner le refroidissement de régions du monde dont le climat est tempéré, comme l’Europe du Nord, qui pourrait bien ressembler un jour au Labrador, territoire situé aux mêmes latitudes. Paradoxalement, le réchauffement de la planète est susceptible de causer un refroidissement extrême à certains endroits.Le journal britannique ‘’The Observer’’ rapportait en 2004, qu’un document secret du Pentagone faisait état de la possibilité que des villes d’Europe soient noyées par la montée des eaux et que la Grande-Bretagne connaisse un climat sibérien dès la première moitié de ce siècle. Les auteurs de cette étude, parmi lesquels se trouve Peter Schwartz, consultant pour la CIA et ex-directeur de la planification chez Royal Dutch-Shell, soutiennent que la question des changements climatiques devrait passer de ‘’débat scientifique’’ à ‘’question de sécurité nationale’’.
En fait, les effets des changements climatiques se font sentir beaucoup plus rapidement qu’on ne l’avaprédit. Quatre années de sécheresse dans une grande partie de l’Afrique ont acculé de 30 à 40 millions de personnes à la famine. Des sécheresses dans le Corn Belt des Etats-Unis, dans les prairies canadiennes et dans les régions céréalières de l’Australie pourraient entraîner une réduction importante des exportations de céréales dans le monde. Le climat en Europe ces dernières années a été exécrable. Les inondations de 2002 en Allemagne ont causé des dommages estimés à 10 milliards d’euros. La même année, dans le nord de l’Italie, de terribles tempêtes accompagnées de grêle, avec des grêlons aussi gros qu’une balle de tennis, ont détruit les récoltes sur de grandes superficies. Tout cela s’est produit récemment par suite d’une augmentation de latempérature planétaire d’à peine 0,7 degrés Celsius. Qu’adviendra-t-il quand la température moyenne aura augmenté de deux ou trois degrés, et même de cinq à huit degrés ? Même si nous cessions de brûler des combustibles fossiles dès maintenant, notre planète continuerait de se réchauffer pendant encore au moins 150 ans, ce qui correspond au temps que le gaz carbonique, le plus important gaz à effet de serre, se dissipe dans l’atmosphère, tandis que les océans continueraient de se réchauffer pendant encore mille ans. Nous n’avons donc pas le choix: nous devons prendre immédiatement des mesures très radicales, susceptibles de ralentir le processus de réchauffement afin que notre planète demeure habitable.
Source:Edward Goldsmith, ‘’How to feed peaple under a regime of climate change’’ revue The Ecologist, 2004
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