Translucide comme un flocon de
neige … tel serait, pour moi, le meilleur abstract.
Neige
est le premier roman de Maxence Fermine. C’est du moins le premier qu’il publia. Il nous y présente le
Japon traditionnel du XIXème siècle d’une manière simple, douce et poétique.
Le personnage principal, Yuko, rêve de devenir poète. Il est poète. Il écrit la neige. Il écrit la neige en haïku. Le haïku est un modèle poétique japonais. Ce sont trois vers, dix-sept syllabes pour
dire la vie, pour dire le temps, pour dire la neige. Le haïku coule comme l’eau de la rivière. Le haïku, c’est peu de mots, beaucoup de vide. C’est le modèle esthétique qui s’épanche dans tout le Japon.
Yuko se retire donc dans les montagnes de Honshu, là où il pourra contempler les neiges éternelles. A son retour, il avait composé de nombreux haïku. Tous reflétaient la blancheur de la neige. Ils étaient de grande qualité, mais manquaient de couleur.
Yuko partit une
fois de plus de chez son père. Cette fois, il n’était plus à la recherche de la neige, mais des
couleurs qui lui faisaient défaut. Il fit un long voyage pour trouver le Maître Soseki, le Maître des couleurs. Le Maître Soseki est aveugle. Au Japon, il ne faut s’étonner de rien, les plus belles calligraphies peuvent avoir été réalisées par un homme qui ne peut les contempler. Au Japon, plus qu’ailleurs, il ne faut se fier aux apparences.
A travers ses voyages initiatiques, Yuko apprit la neige. Il comprit les couleurs. Puis, enfin, il se laissa envelopper par l’amour.
Ce petit ouvrage est une merveille que je vous recommande de tout cœur. Sa poésie et sa cadence rendent sa lecture plus que fluide.
Il existe une version illustrée par Georges Lemoine. Elle vous emportera dans les méandres de la pensée japonaise, elle vous offrira le rêve.
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