À la suite de violentes émeutes survenues en Espagne du 06 juin au 13 août 1391, les
juifs d’Espagne connaîtront des pogroms provoqués par l’extrême droite, ces soulèvements donneront lieu à un exode des hébreux de la péninsule ibérique vers l’algérie. En 1287 déjà, des juifs avaient déjà quitté ce pays pour s’installer en Afrique du nord et ce à la suite de la conquête de l’île de Majorque par les chrétiens dirigés par jacques 1er d’aragon. d’Italie (1342), des Pays-Bas (1350), de France (1403), du royaume uni (1422) et d’Espagne (1462) à nouveau, des juifs fuyant l’anti-sémitisme s’installeront en berbèrie.Les juifs espagnols s’établiront le long du littoral algérien (Oran, Mostaganem, Miliana, Ténès), dans des villes de l’intérieur (Constantine, Tlemcen, Blida), au sud du pays (Mzab, tougourt, Laghouat) et enfin en petite Kabylie (béjaia). De toutes ces régions, celle de Tlemcen a connu un événement très important, la visite effectuée auprès de la communauté
juive de cette ville du célèbre rabbin ephraim ankaoua encouragera celle-ci à s’affirmer davantage. Toutefois, les juifs espagnols constitueront au début une entité spécifique et afin de les distinguer des autres populations, on les appellera "les porteurs du capuches".quant aux juifs berbères, ils étaient surnommés les "porteurs du turban". L’une des familles judéo-ibériques, les Stora seraient issus d’une fille de rabbi issac bar checheth ou barfatils ,(les stora )descendraient de Ribach. On peut relever d’autres familles. C’est ainsi que les
Duran, Séror et les Benhaim seraient de la lignée du grand rabbin simon ben simah duran , ajoutons les Oualid et les Ayache qui seraient modestes. le grand rabbinat désignera des rabbins pour les principales villes d’algerie. ribach (1329-1408) et simon ben simah duran (1361-1442) ou rashbach, veilleront sur les communautés du centre (Alger).à Oran (ouest-algérien), amrane ben merouas epharati y sera désigné. L’autre ville de cette même région, Tlemcen verra sa communauté dirigée par Abraham ben hakim et ephraim ankaoua, mais l’est du pays ne sera pas ignoré Constantine devra obéir à joseph ben menir (hasid) et maimun ben saadia najar.Les grands promoteurs de la renaissance juive demeureront à jamais, les rabbins ribach et ben simah duran. Le premier nommé sera désigné grand rabbin d’Alger par le sultan de Tlemcen et ce malgré l’opposition de Duran. Ceci engendrera au pouvoir extérieur judaïque l’interdiction d’interférer, donc de nommer des rabbins. Aussi la communauté judéo-berbère souhait-elle garder une certaine autonomie devant régenter le quotidien des juifs algériens qui s’appuiera dorénavant sur une équipe collégiale constituée de sages et d’ages avancés.Certaines communautés juives solliciteront de cette équipe dirigeante son autorisation d’apporter des rectifications sur certaines lois existantes ainsi les lois du mariage, les héritages, connaîtront des changements après l’aval obtenu des chefs charismatiques, et les juifs qui n’avaient pas donné leur avis se retrouveront concernés aussi. Aucune opposition ne s’étant manifestée, ces bouleversements donneront naissance à l’unification des rangs de la communauté juive de l’Afrique du nord toute entière. C’est ainsi que Simon ben simah Duran légifèrera par ordonnances ce qu’on appellera les "taqqanotes"(1) d’alger.
Ces textes établiront des législations nouvelles entre autres les relations matrimoniales qui seront scrupuleusement acceptées (et qui continue à l’être) par les fils de la
torah (2)(ensemble de la loi juive contenue dans les cinq livres du pentateuque) habitant encore l’Afrique du nord confirmant ainsi l’autorité des lois votées et proclamées aussi en la synagogue le jour du shabbat (3)et ce avant la sortie sepher torah (4).
(1) taqqanot : ordonnance rabbinique.(2) la torah : ensemble des lois juives contenues dans les cinq livres du pentateuque.(3) le shabbat : repos hebdomadaire commençant au coucher du soleil du vendredi se terminant dès la tombée de la nuitdu samedi. (4) sepher torah : rouleau manuscrit contenant la loi juive, le sepher torah est destiné uniquement à la lecture publique dans les synagogues.
Rachid Yahou
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