Balanec,
petit coin de paradis non loin des côtes bretonnes. Je suis né
sur ce rocher et dès que ma
raison vînt, au grand damne
de mes parents, l'idée de voyager prît corps au fond de
mes sens. L'hiver appuyait ma raison, le vent froid violait l'
île,
elle était si petite que nous éprouvions tous des
difficultés à trouver un refuge, un abri. Le poisson ne
manquait pas, sa chair nous nourrissait de l'éternelle lutte
contre la faim. Balanec est vraiment un petit îlot, une maison,
un lac, et des lapins qui courent et copulent sans vergogne dans les
prairies. Prairies, oui, ou plutôt des petits espaces vert où
de l'herbe, plus teigneuse qu'un pou, arrivait à résister
aux vertiges des vents. Parfois, des phoques lourds, aux idées
plates, venaient se prélasser sur la côte nord de l'île,
profitant ainsi des dernières lueurs du soleil, l'astre
lumineux qui ici se cache souvent derrière le gris plafond des
nuages.
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