P Bruckner
est journaliste de presse écrite et nous livre ici un texte cruel et facile qui ne lais se au lecteur que peu de liberté. En effet, Lunes de fiel, récit enchassé, met en scène un vieil homme paralytique manipulateur et pervers face à un trentenaire un peu confus dans sa vie et ses sentiments qui se laissera hâper par la tentation du voyeurisme. Car pendant cinq jours et cinq nuits, le viellard lui fait le récit de sa vie amoureuse qui verse dans de multiples pratiques que d'aucuns pourront juger perverses. De l'inceste par alliance en passant par la scatophilie, le but ultime de cette entreprise étant la domination absolue et totale de l'autre; le lecteur se retrouve en position d'exercer ou non son droit de veto face aux abominations que Bruckner lui balance. Il se retrouve donc à la place d'un des personnages, pris au piège, ne pouvant reculer devant le plaisir de voir, de savoir. Cela ne réussit à prendre que parce que le procédé d'écriture est un peu trop facile. La thématique en revanhe est intéressante et est traitée de facon courageuse car il a tenté l'aventure dangereuse de désacraliser ce
qu'il y a de plus précieux entre deux
êtres, leur amour. Et ça n'est pas mal du tout. La femme, dans ce roman, est maître de sa sexualité au prix, pourtant de sa capacité à procréer. il semblerait donc tout de
même que la fameuse dichotomie qui sépare les putes des madonnes soit encore d'actualité, à moins que ce ne soit que le fait que l'auteur masculin ne puisse pas lui même dépasser certaines représentations saintes de la femme au risque de déjouer des dizaine dd'années qu'il a mis à croire qu'il n' y a que deux sortes de femmes. Cependant, il aborde la question du désir avec justesse même si le thème n'est que survolé. En toile de fond, se dresse effectivement le sujet du désir au péril de l'intégrité physique et mentale, car comment deux êtres qui ne s'aiment que parce qu'ils peuvent aller au bout de la souffrance peuvent en sortir . on le voit très nettement à la fin, la cruauté est un domaine qui trouve sa resource chez sa victime. On peut donc encore écrire de nombreuses pages car les psychologues n'y comprennent finallement pas plus que les littérateurs.
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