.
Une femme raconte à travers quelques courriels son
désarroi devant l’indifférence et la cruauté de son mari. Versatile, il prétend
l’aimer — et l’aime peut-être — mais ne manifeste en apparence que mépris et
sarcasmes devant ses activités quelles
qu’elles soient. Rien ne trouve grâce à
ses yeux, tout
est noir : la maison est immonde, la boutique, mal
organisée, ses propos avec les clients, trop insistants —ou trop indifférents—
etc… Elle vend des livres ? Il doit le reconnaître et ça l’ennuie un peu. Il
précise aussitôt : c’est parce qu’elle a su «baratiner»— ce qui sous
entend qu’ils sont nuls. — Si en revanche la journée a été mauvaise, cela le
satisfait, bien qu’il prenne l’
air ennuyé… et il en profite pour assurer que
puisqu’elle ne vend jamais rien, —car
il a le don de généraliser à partir d’un élément qui nourrit sa thèse—… autant
fermer carrément, cela reviendra moins cher en éclairage. Les médias font
quelques articles sur elle ? C’est sans importance, ce ne sont que des
medias régionaux etc... Une TV ? Soit, mais cela ne va pas durer, un
engouement passager…
En réalité, il est jaloux d’elle et cherche à empêcher
une réussite même minime dont il craint qu’elle ne l’éloigne de lui
définitivement.
Le drame de ce couple est qu’en cherchant à la
retenir, il la perd inéluctablement. Car il croit comme bien des hommes qu’elle
aime en lui le fort, celui qui réussit professionnellement alors que c’est, à
l’inverse, sa fragilité qui l’a séduite. Cette force étant minime, il a donc
besoin de la faiblesse de sa femme pour faire poids et il cherche à
l’entretenir voire à la susciter sous prétexte de l’aider : une attitude
perverse banale.
Tout en en étant consciente, elle accepte malgré
tout ; elle se laisse glisser dans une relation mortifère qui lui est
devenue nécessaire, espérant
toujours que cela va s’arranger, voulant toujours
faire
mieux pour le satisfaire, ce qu’il a l’air d’exiger. Jeu absurde et
mortel : mieux elle fera, pire il sera. L’histoire finira mal.
Plus de critiques à propos de Violence blanche