Sang
Le
galop du pur-sang me tenait en éveil
Ses
pas heurtaient ma peau, ma tête trop sensible
Traînant
mon regard vers cette mésange, cible
Un
oiseau rare, si près du sol, une merveille
Le
temps s'effaçait sous des éclats de lune
Son
sourire jaune noyait toutes ces années
De
cette pièce ressortait des souvenirs damnés
Des
pertes de vues, posées, derrière les dunes
Le
ciel épais portait son ombre sur mes plaies
Terrassant
le portrait de
mains douces, soupir
Terrible
silence, loin des pas ou pire
Perdu dans l'offense de quelques jours, si laids
Sa
robe bleu clair délivrait son message
Tel
une plume elle flottait, légère brise...
Libre,
ses nerfs ne connaissaient pas les crises
Passagère
et éprise de ce sage
Une
course folle projetait tous ses rêves
Mon
âme dégringole, soeur de mes peines
Muette,
se devine sortant du vieux chêne.
Brisure
d'idylle, la scène se crève
Le
son de ses pas me séparait de
tes côtes
La
douleur vive appelait mes six reines
Mi
femme, mi-démon, attachées aux rênes
Défilant
livide au creux de son hôte
Leur
galop vif me projetait hors du sujet
La
plage de galets flottait en substance
Reflets
pigmentés de bonheur sans nuance
Une,
deux ailes, un vol et un son sans rejet
Le
soir, la mer déverse son flot de larmes
Inlassablement
sur le sable, elle ne ment
Nettoyant
les initiales de deux amants
La
passion s'étant perdu sans cris d'alarme
Sans
patience, le temps tuait notre chance
Notre
veine à tous, les atouts sans contour
Fuyant
la mort des sentiments sans un détour
Les
mots d'amour s'étaient enfouis dans sept anses
Vers
quels rivages doivent s'orienter mes nages ?
Une
île au Nord, un lac sur une terre salée ?
Parle,
souris, crie, écrit où je dois aller ?
Sans
amer, où trouver la dame sans âge ?
Des
rives éternelles, étaux de promesses
Rêves
de dérive,
oublier tous ses mots
Langage
de nos peaux, un gage sans repos
Sans
une esquive, tant de tendres caresses
Vert
pierre, la couleur soudaine de tes aveux
Celle
de tes yeux sur mes humeurs éclaire
Celle
de nos coeurs se vidant de barrières
Espoir
que nos mains ne nous parlent d'adieux
Brûlure
de foudre, désirs au creux du sein
Délire
d'esprit pour deux âmes amoureux
Des
vagues en pâture, un refrain heureux
Le
partage d'une île aux multiples dessins
Un
vent fort agite mes pensées sauvages
Une
pluie d'été rigole le
long des aisselles
Une
goutte, puis une autre et une envie d'ailes
Partir,
pour atteindre un dernier nuage
Trois
gouttes d'alcool noyaient mon fond d'ivresse
Inutile
trouble des esprits assoiffés
Pour
oublier, une où deux toiles égarées
Pour
oublier, un long fossé de vieillesse
Deux
rues dans un songe, son de pas étranges
Les
pavets résonnent d'idées en mouvements
Les
silhouettes s'abandonnaient si lentement
Reines
d'ombres avides, plombées d'orange
Lumières
crues, si délicieuses paroles...
Perles
de sueur, un brin d'humour sur nos fronts
Les
fruits de malheur, disparus sans une raison
La
folie rie sous nos doigts, drôle de rôles !
Le
tonnerre donnait de la voix, jour trop clair
Comme
ce son de galop perdu dans mon sang
Souvenirs
lumineux où je sortais du rang
Accroché
à tes reins, la tête dans les airs
Une
chanson se fredonnait sur le sable chaud
Les
vagues s'en allait vers l'océan lointain
D'une
à quatre, amusant l'horizon hautain
Haut,
le soleil brûlait nos corps sous son halo
Trois
coques de coquillage sur tes deux mains
Roulaient
par plaisir le long de
ton sourire
Immobile
lutin presque roi, sinon sir
Mon
regard trop content oubliait le demain
Un
ruisseau de tristesse coule sur mon dos
La
transparence des secondes me tire
Vers
des lendemains sans teint, sans toi, sans rire
Milles
et cent une idées, allongé seul, sans peau
Alors
sans désir d'or, je dors, aux tropicourtes, les étoiles belles
Absorbé
par le courant des bateaux, le sel
L'eau,
dans l'espoir futile d'un nouveau pique
Sur
cette île, le hasard guide ma vie
De
glace en glace, j’attends ton image
Un
reflet, tendre dessin de ton visage
Destin
de l'amour, ou effets de nos envies
De
nombreuses haies disposées sur nos chemins
Ces
obstacles augmentaient l'ombre du doute
Ôtant
un instant, l'idéal de nos routes
Douleur
d'absence, brûlure d'absinthe, rien
Puis
un jour lumière, le noir sera si clair
La
rencontre d'une auréole de mystère
Une
si fine bulle d'oxygène sur terre
Le
noyau désespoir devient espoir, d'un verre…
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