Fondateur de la science
politique moderne et précurseur de la philosophie de l'
histoire, Machiavel se présente ici comme un fin observateur et un stratège fameux.
Au XVIe siècle, l'Italie est éclatée en cités, elles-mêmes affaiblies par des luttes entre les factions. À cette situation dramatique, Machiavel, exilé de Florence après le retour des Médicis en 1512, oppose la nécessité d'un « État organique » fondé sur un pouvoir fort, dont il va chercher le
modèle dans la république romaine.
Au cours de ses missions diplomatiques à travers l'Europe auprès des différents régimes, il a pu élaborer une appréciation générale de la
réalité politique de l'Europe, saisir sur le vif des manières d'être et de penser et observer des formes politiques et militaires.
Dans ce petit traité, il abandonne le plan doctrinal des Discours sur la première décade de Tite-Live pour descendre sur le terrain concret de la lutte et interroger la réalité. Sur le champ de bataille comme en politique, il faut savoir prévoir et dominer les situations historiques pour en tirer parti. Il convient de ne jamais se montrer inférieur aux circonstances, et d'être capable de s'y adapter quand elles nous surprennent malgré nous.
En prenant pour modèle les Romains comme il l'a déjà fait dans Le Prince, Machiavel revient à nouveau ici, comme dans l'ensemble de son œuvre, sur les notions de virtú, de ruse et d'habileté. Par l'intermédiaire de Fabrizio Colonna, il égraine des conseils justes et perspicaces qui amèneront le lecteur à réfléchir sur le machiavélisme tel que l'histoire nous le présente et sur le sens problématique d'une éthique de la guerre.
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