C'est au mois de mai, période de l'année où les fleurs sauvages du paysage captent la chaleur des rayons du
soleil et où l'odeur sucrée du printemps embaume mes narines
La lumière pale de l'aube effleure le pied de mon lit, et au fur et a mesure que le soleil échappe à sa couverture de nuages, la lumière de plus en plus claire atteint mon visage.
Je me lève, laissant ma sœur dans un profond sommeil et me dirige vers la salle de bain.
Sous ma douche, l'eau fraîche
fait naître sur ma peau une profonde sensation de bien être.
Une fois sortie de ma douche, j'enfile un pantalon et un tee-shirt que j'avais préparé la veille.
Je m'installe dans la cuisine pour prendre mon petit déjeuner seule, accompagnée par la musique monotone de l'horloge qui annonce 7h00 du matin. Je vais être en retard alors je me jette sur la porte d'entrée.
Une légère brise printanière accompagnée d'un doux parfum de lis m'effleure le visage. Quelques nuages se baladent dans un ciel illuminé par de puissants rayons de soleil.
Je cours à toute vitesse afin de ne pas manquer mon bus.
Le car est déjà là et tous les élèves sont assis, à peine réveillés. Je monte et entrevois une place libre.
Je me met a réfléchir, et tout un tas de questions se bousculent dans ma tête. Qui suis-je ? Ou vais-je ? Quel est mon destin ?
Sur mon siège, mes yeux parcourent le paysage qui défile : le soleil enveloppe les montagnes d'un ton pourpre, le vent fait frissonner les herbes, ce dernier leur murmurent l'arrivée du printemps.
Perdue dans mes pensées, je n'ai pas vu le temps passer, le bus est arrivé à destination. Les élèves se précipitent vers les sorties tels des zombies sortis tout droit de leur tombe. J'attends que tout le monde descende pour le faire à mon tour.
Cette fois ci, je n'allais pas prendre le chemin qui mène au lycée. Je m'enfonce dans ne ruelle où le soleil n'atteint pas toute sa splendeur. Au fur et à mesure que j'avance dans cette rue, mon angoisse monte. J'atterrie dans une forêt où la main de l'homme n'a pas encore laissé sa trace. Je pénètre dans les entrailles de cette forêt ou les vieux arbres absorbent toute la lumière du soleil, ce qui rend le chemin encore plus difficile à parcourir. Je serpente le sentier. Ici, on dirait que le vent a oublié de murmurer aux arbres l'arrivée du printemps.
Les feuilles se froissent et crépitent sous mes pas. Soudain, j'aperçois une ombre qui se faufile à travers les vieux chênes. Mon cœur se met à battre la chamade. J'ai peur, j'ai froid. Quand l'ombre me révèle son identité, je cour pour l'étreindre avec douceur. Son odeur m'enivre, son regard m'exalte.
Younnis me fait légèrement reculer, et me dévore des yeux. Je sens mes larmes ruisseler le long de mes joues. Il tend la main vers moi pour y prendre une larme. Un léger sourire se dessine sur ses lèvres. Je me redresse lentement sur la pointe des pieds et pose mes lèvres sur les siennes. Ensuite, il pose les siennes sur mon oreille et me dit :
« Je t'aime ».
Ses mots étouffés me chatouillent l'oreille, sa voix m'apaise et me fait oublier tous mes soucis. Un sentiment de bonheur exacerbé me parcourt la colonne vertébrale.
Il me serre de nouveau.
Les nuages se promènent dans un ciel pale pour finalement s'égarer derrière les montagnes. Je les observe, le regard paisible, allongée sur le dos les mains derrière la nuque. Je me met sur le coté pour admirer Younnis. En dépit de la sombre couleur du grain de sa peau, j'aperçois la sueur qui perle sur son dos.
Je me lève, m'habille et regarde le paysage autour de moi, une sensation de bien être m'envahis. Les arbres n'ont jamais étés aussi beaux et la brise qui caresse mon visage n'a jamais été aussi douce.
Deux mains vagabondes me prennent par les hanches. Sans un mot, Younnis laisse l'odeur de ma chevelure noire lui parcourir les narines. Il me couvre de baisers et serre sa joue contre la mienne puis va s'habiller à son tour.
Il revient avec un pistoletend le pistolet. En me le donnant, il caresse ma main glacée d'effroi. Il me fait signe de la tête comme pour me donner l'autorisation d'appuyer sur la détente. J'ai froid, j'ai peur, j'ai dans le cœur une lourde souffrance et entre les mains l'arme qui va me détruire.
Sans un mot, j'avance le pistolet d'une main tremblante vers la tempe de Younnis. Le coup de feu retentit et fait fuir les oiseaux cachés dans les arbres.
Du sang jaillit de sa tempe, les yeux écarquillés, Younnis s'écroule sur le sol.
Des larmes et du sang baignent mes joues. J'approche l'arme de ma tempe et appuie sur la détente. Ainsi, mon destin est accompli...
Le lendemain, deux corps ont étés retrouvés : Aiko Honda, 16 ans, et Younnis Hachemi, 17 ans.
Les deux adolescents se sont suicidés car leur amour ne pouvait voir le jour, tout ça parce que leurs parents avaient dressés une barrière ethnique
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