Véritables aliens des mers, les
méduses prennent leur revanche : elles pourraient un jour prendre la place des poissons.Actuellement, elles perturbent la tranquillité des baigneurs. Les 13 et 14 novembre dernier, elles ont attaqué des élevages de saumons en mer d’Irlande et avalé , à l’aide de leurs tentacules, 240 000 saumons d’élevage. Dans
le golfe du Mexique, les élevages de crevettes subissent les assauts de méduses géantes comme la « chrysaor ». En Australie, les concurrents aux derniers championnats du monde ont dû parfois abandonner l’épreuve en eau libre à cause de myriades de petites méduses , celles-ci
non mortelles, à la différence de la « chironex fleckeri » ou de l’irukandji. En Méditerranée, les chercheurs s’inquiètent de leurs échouages massifs toute l’année. La résistance s’organise certes, avec la pose de filets anti-méduses sur les plages françaises méridionales. Mais ces
scyphozoaires, dans les
rejets chauds des centrales nucléaires, ont provoqué des incidents sérieux en s’agglutinant sur leurs filtres. C’est le réchauffement climatique, la surpêche et les rejets toxiques qui expliquent leur prolifération dans tous les océans et mers jusqu’en Antarctique. La montée du mercure dope leur libido, en les débarrassant de leur pire ennemie : la tortue, incapable de croître normalement dans des eaux
devenues trop salées et trop acides. Plus surprenant, d’après Jacqueline Goy, spécialiste mondiale de ces invertébrés, les méduses prolifèrent à cause des rejets médicamenteux hormonaux très faibles non filtrés par les stations d’épuration. La pollution, en général, surtout agricole, leur profite car elles s’y adaptent : la mer Rouge, Baltique ou Noire sont de
Véritables soupes de méduses. Devenues de véritables goinfres du fait de la diminution des bancs de poissons surpêchés, rien de pourrait enrayer la croissance de cette masse gélatineuse : un vrai cancer incurable.
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