RAPPORT MONDIAL 2008 DE HUMAN RIGHTS WATCH
Ou le monde occidental complice des dictateurs.
Cette organisation américaine des
droits humains vient de rendre public son
RAPPORT de l’état des droits dans le monde. Après avoir passé en revue plus de 75 pays, HRW montre à quel point les pays traditionnellement défenseurs des droits de l’homme continuent de se rendre coupables de pactiser avec des
démocraties de façade et leurs dirigeants autocrates. L’organisation accuse les Etats-Unis et l’Union Européenne de manquer à leur devoir. Au lieu d’exiger des autocrates le respect des droits humains, ces démocraties occidentales se compromettent en se réfugiant derrière des résultats d’élections pourtant souvent entachées d’irrégularités. Le souci de se créer des vassaux pour acquérir des sources d’énergie ou des marchés juteux, a fini par jeter les USA, l’UE et ses pays membres les plus influents dans les bras du diable et de soutenir l’insoutenable. Le seul critère des élections, estime HRW, ne suffit pas pour légitimer un régime politique. Que ce soit en Jordanie, au Pakistan, au Kenya, au Nigeria, en Russie, en Thaïlande, pour ne citer que ceux-là, le
Droit à la liberté d’expression, le droit d’association et de réunion pacifique, ainsi que le droit aux élections transparentes sont bafoués au su et au vu des grands de ce monde. Pire encore, le phénomène des enfants soldats ne cesse de se répandre et de nuire à plus de 250 milles enfants dans le monde. Cependant, ce que ne dit pas HRW est que certains dirigeants actuels sont eux-mêmes issus des rangs d’enfants soldats des années 1970 à 1990 ou en étaient des recruteurs. Tout lecteur attentif exigerait des organisations des droits de l’homme d’avoir également le courage de pointer du doigt non seulement les rebelles, mais aussi les organisations qui ont utilisé des enfants dans des conflits armés pour accéder au pouvoir. En tout état de cause, le rapport de HRW n’hésite pas à stigmatiser des pratiques indignes des grandes puissances, tels que les emprisonnements arbitraires, inhumains et sélectifs aux USA. Enfin, nous pourrions tirer de ce rapport la conclusion que le monde a besoin de dirigeants qui ne troquent pas leurs nobles principes contre des intérêts économiques et stratégiques au grand dam des peuples. Halte donc au pacte entre les grandes démocraties et les fausses démocraties, pourrait –on conclure à la lecture de ce rapport qui vient pour secouer ceux qui, volontairement ou innocemment, bafouent les droits humains tant désirés et réclamés par les individus et les collectivités.
Janvier Quattor
Plus d'abrégés à propos de Rapport 2008