Jean-Louis Nogaro aime la région où il vit et c''
est tout naturellement que Saint-Étienne se retrouve être, dans ce roman, quasiment un des personnages, ou au moins un décor prééminent. Quoique décor ne soit peut-être pas
le terme qui convienne le mieux (un peu trop figé sans doute) car voilà bien une "capitale" régionale qui gagne à être connue : " (...) une ville qui a l''art de s''accommoder à votre humeur. Surtout si vous êtes d''humeur maussade ". Mais le cadre de l''
intrigue menée par l''auteur ne se limite pas à Saint-Étienne et il s''éclaire, fort heureusement, dès qu''il s''éloigne du centre-ville.
Dès l''entame de ce roman, on est frappé, entraîné, par une construction qui s''apparenterait presque à un découpage cinématographique, à un scénario. Les scènes sont courtes, les
points de vue alternés et on découvre par petites touches successives ce qui constitue le cœur de l''intrigue.
L''originalité de la construction de ce récit tient à l''alternance, justement, de ces points de vue qui se croisent et se superposent, tissant petit à petit la toile de l''intrigue. Quatre groupes distincts se dégagent ainsi, qui se décomposent eux-mêmes en différents individus sans que jamais l''intérêt ne se perde, ni le lecteur. Les premiers à apparaître sont les "bourreaux", suivis de près par les "victimes", avant que n''interviennent les "enquêteurs officieux" et bien sûr la "cavalerie", qui ferme la marche. Le narrateur de toute cette histoire étant un pauvre professeur de français pris dans cette aventure par amitié, embarqué, mais qui va se transformer en détective efficace.
Jean-Louis Nogaro s''offre une galerie de personnages qui lui permettent de lâcher
quelques considérations sur son époque, ses congénères, la politique, les profs, mais aussi de camper quelques énergumènes typés.
Quant à l''intrigue en elle-même, elle pêche peut-être parfois par quelques maladresses au moment de la mise en place où quelques points mériteraient un éclairage plus soutenu afin de lever quelques incohérences, puis prend sa vitesse de croisière et le lecteur en mains pour ne le lâcher, après quelques jolies pirouettes, qu''avec le point final.
Un premier roman, non sans quelques défauts, mineurs, que quelques remaniements seraient à même de corriger, qui présage d''autres tentatives, plus abouties. À suivre...
"Le Pen, t''es foutu, la
jeunesse est dans la
rue..."
Charles Barbérian, à l''instar de ses potes de lycée reprenait en cœur.
"Le Pen, t''es foutu, la jeunesse est dans la rue !"
Le Soleil n''avait même pas fait l''effort d''accompagner la jeunesse dans la Grande rue. Le Pen n''avait pas fait l''effort d''être présent au deuxième tour des élections présidentielles. Le père de Charlie n''avait pas fait l''effort de ne pas voter pour lui. Malgré tout ça, à l''instar de ses potes de lycée, il reprenait en cœur les chants et les exhortations vilipendant le leader du Front National (...).
Jean-Louis est stéphanois, sympa (ça, c’est dans le naturel gaga) et en plus il maîtrise sans difficulté l’art du polar. Mêlant habilement les ressorts d’une intrigue à tiroirs, il dresse un portrait sans complaisance de quelques uns de ces contemporains. Quelques claps, et on se croirait au cinéma. Bravo Jean-Louis, ton coup d’essai en appellent d’autres….
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