Roman noir,
Roman policier, roman islandais,
La Femme en Vert est tout ça. L’énumération pourrait continuer pour dire, décrire, ce qu’est ce roman. Il faut surtout savoir que c’est un
grand roman,
le reste importe peu. Et Indridason est un grand romancier.
Erlendur, Elinborg et Sigurdur Oli héritent d’une nouvelle enquête. Les trois personnages récurrents de Indridason nous reviennent après la
Cité des Jarres . Ils nous reviennent avec une nouvelle histoire surgie du passé. Un squelette découvert dans les fondations d’une maison en construction.
Erlendur et ses deux acolytes
vont suivre des
pistes refroidies depuis longtemps, des pistes qui remontent à la seconde guerre mondiale. Ils vont se coltiner aux petites histoires de la
grande, celle avec un « h » majuscule. Dans le même temps, ils ont leurs préoccupations et Erlendur est toujours confronté à une vie de famille chaotique, à des liens en péril avec sa fille.
Tout cela peut sembler classique. Et ça l’est. Indridason ne cherche pas à innover mais nous plonge dans une histoire captivante. Il transcende un genre. Pas de grands effets, rien de rocambolesque, cette intrigue nous touche parce qu’elle reste proche de nous. Tout cela est profondément humain. On arpente les côtés sombres de l’âme et la gorge se noue à certains passages d’une grande force. On passe d’une narration à une autre, le long d’histoires qui se déroulent en parallèle et dont on suit les évolutions, lentes et inéluctables. Les personnages sont aux prises avec leurs doutes, leurs souffrances. Et on souffre.
Indridason est décidément un grand romancier à côté duquel il serait dommage de passer. Sous une facture classique, il nous offre des
romans d’une grande subtilité, des romans qui remuent, des romans à la construction particulièrement élaborée, tellement élaborée que ça ne se voit pas, que ça ne se ressent pas. La marque d’un grand, je le répète.
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