C’
est parmi les chasseurs de baleines que
le roman entraîne le lecteur, à bord d’un navire dont le capitaine, Achab, annonce au milieu du voyage le véritable but de celui-ci : Moby Dick, le cachalot blanc maudit, à qui Achab a déjà laissé une jambe.
L’histoire de cette poursuite envoûtée, qui finira par coûter la vie à Achab, est
aussi celle d’une société, concentrée à l’intérieur de ce navire, que découvre le jeune marin novice, narrateur du récit. Un univers fortement hiérarchisé s’organise au large autour du défi énigmatique incarné par Moby Dick, microcosme de toute société humaine rassemblée autour des objets
qu’elle poursuit. De ce fait, le roman de Melville dispose d’un vaste potentiel allégorique.
L’importance que l’on reconnaît à Moby Dick est due aussi à l’
ampleur stylistique et à la puissance imaginaire avec lesquelles Melville traite ce sujet éminemment américain qu’est la chasse à la baleine. Le roman mêle intimement plusieurs sortes de discours, romanesque bien sûr, mais aussi encyclopédique (sur les cachalots et la navigation) et philosophique (sur la condition humaine ou masculine), donnant ainsi forme à l’ampleur et à la force de vision qui sont au cœur de la fable.
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