La vie d’une paisible bourgade anglaise est bouleversée par l’arrivée de Charles Bingley,
jeune et riche célibataire, qui vient s’y installer pour un temps. Comme ses voisines, Mme Bennet, femme bornée et cancanière, se lance dès lors dans la chasse au mari, espérant
qu’une de ses cinq filles parviendra à épouser cet excellent parti. Bingley tombe bientôt amoureux de Jane Bennet, l’aînée, mais l’origine bourgeoise et
le manque de
fortune de celle-ci, alliés aux manœuvres de son ami Darcy et de ses sœurs, le convainquent de renoncer à cette mésalliance et de quitter la région. Darcy tombe quant à lui amoureux d’Elizabeth Bennet, la seconde des cinq sœurs et la plus intelligente, qui refuse d’être épousée par un homme dont l’orgueil n’est pas en accord avec les sentiments. Darcy ne conquerra Elizabeth qu’en lui prouvant que son amour a vaincu ses préjugés et sa peur de se déclasser socialement. Il brave pour cela l’interdit de sa tante, la riche et altière Catherine de Bourgh, et sauve la famille Bennet du déshonneur en contraignant un officier peu scrupuleux à épouser la jeune Lydie, qu’il a enlevée. Bingley et Jane se fiancent également.
Refusant les emportements du romantisme naissant, Jane Austen ne peint jamais de scènes romanesques. Elle puise dans l’analyse subtile des conventions sociales et des sentiments la matière d’une comédie de mœurs souvent féroce dans laquelle elle prône les valeurs humaines et la raison, et ridiculise la bêtise et la mondanité.
21. Un bon petit diable (comtesse de Ségur)
Charles, un jeune orphelin, vit en Écosse avec sa cousine et tutrice, Mme Mac’Miche. Cette vieille avare ne connaît que deux plaisirs : compter son or et fouetter Charles. Mais l’enfant a des alliées : Juliette, jeune aveugle qui l’exhorte à la bonté et à la soumission, et Betty, la bonne, qui l’aide à jouer de mauvais tours à sa tortionnaire. Excédée, et craignant qu’on lui reprenne la fortune de Charles, qu’elle détient à son insu, Mme Mac’Miche place l’enfant dans une pension sordide. Charles y tourmente tant ses mauvais professeurs qu’il réussit à s’en faire chasser. Le juge confie alors sa tutelle à Marianne, la sœur de Juliette, et lui restitue sa fortune, ce qui tue la vieille avare. Commence alors une vie heureuse, qui transforme Charles en un garçon obéissant et pieux. Tout finit par des mariages, dont celui du héros et de Juliette.
« La sévérité rend malheureux et méchant. La bonté attire, adoucit et corrige ». Seul l’amour peut ramener dans le droit chemin « un bon petit diable » confronté à la violence et aux humiliations ; ligne directrice de l’histoire, cette morale, dont l’énoncé clôt le texte, en fait une sorte de longue fable. Mais malgré le souci démonstratif qui ne quitte jamais l’auteur, le récit garde verve et humour. La vertueuse comtesse narre, en effet, avec jubilation les farces du potache facétieux (la glu sur le siège des surveillants, entre autres) et les superstitions naïves des méchants.
Plus de critiques à propos de Orgueil et Préjugés