"La
Collection Invisible" est une
nouvelle de Stefan Zweig tirée du recueil "La Peur".
Dans une Allemagne de l'après-guerre ruinée, le narrateur rencontre au hasard d'un voyage en train un
antiquaire. Ce dernier lui raconte alors une histoire qui lui est arrivée la veille.
La boutique d'antiquités qui appartient à la famille depuis plusieurs générations est quasiment vide depuis peu. Les nouveaux riches de l'après-guerre raffolent des tableaux et estampes de maîtres, à tel point qu'il n'a presque plus rien à proposer à ses clients. Il se
décide alors à contacter des anciens clients afin de leur proposer de racheter leurs oeuvres, et
découvre ainsi l'existence d'un vieux monsieur - ancien client de son père et de son grand-père - vivant dans un village reculé d'Allemagne, et
propriétaire selon les documents retrouvés d'une collection véritablement exceptionnelle et d'une valeur inestimable. Il décide donc d'aller lui rendre visite.
Mais sur place, il découvre un vieillard aveugle dont la famille, ruinée par la guerre, a dû se séparer de son trésor à son insu. Pis, les dévaluations successives de la monnaie allemande font que l'argent récolté par la vente des oeuvres n'a finalement rien rapporté à la famille. Croyant toujours être l'heureux propriétaire de nombreuses estampes remarquables, il se met alors à présenter à l'antiquaire sa "collection invisible". Devant l'émerveillement et la fierté que procure au vieil homme la présentation de sa collection, l'antiquaire se gardera bien de révéler le pot-aux-roses afin de ne pas faire s'éteindre dans les yeux livides du collectionneur la flamme qui les anime dès qu'il parle de sa collection. Comme le disait Goethe, "les collectionneurs sont des gens heureux".
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