Marie, la narratrice, que sa laideur relègue hors des jeux communs, a été une
enfant mal aimée, abandonnée par sa mère, tenue à distance par son père tombé dans les filets d''une jeune et trop belle gouvernante, Louise, qui n''a eu aucun mal à entrer dans son lit et faire règner sa tyrannie sur toute la maisonnée. Elle hait l''enfant,
qu''elle maltraite et torture, jusqu''au jour où ...<
BR> A 12
ans,la petite fille n''a qu''une amie, Pauline, une camarade de classe, qu''elle a sauvée de la noyade et à qui elle voue une affection passionnée .Mais quelques années plus tard, les parents de Pauline décident de déménager et elle quitte Angoulême, laissant Marie plus solitaire et désemparée que jamais. A Paris, elle se marie avec Maxime. Elle a alors vingt-quatre ans, tout comme Marie. Deux ans plus tard, victime d''un accident de voiture et grièvement blessée, elle perd l''enfant qu''elle porte et Maxime, excédé, décide de divorcer. Dès lors, Pauline, se moque de tout, s''étourdit dans un tourbillon de mondanités et collectionne les amants.
Après la mort tragique de Louise, puis celle de son père, Marie accepte de quitter sa maison et de fuir son passé pour aller vivre chez Pauline, dans le superbe appartement qu''elle occupe Boulevard Lannes.
Pauline, malgré sa résistance, l''entraîne dans les sorties mondaines qui font désormais sa vie et notamment chez Olga, une veuve richissime et désenchantée d''une cinquantaine d''années dont les réceptions du mercredi sont célèbres dans le Tout Paris. Marie, qui craint avec raison les regards des autres sur sa laideur qu''elle
sait choquante et irrémédiable, se sent, malgré elle, attirée vers cette femme intelligente et généreuse qui deviendra son amie. Elle reviendra toutes les semaines, se moquant à la fin des quolibets et des moqueries que suscite sa disgâce.
C''
est dans le salon d''Olga, qu''apparaîtra, un soir de l''automne 1952, présenté par un ami de celle-ci, un homme que le petit monde futile des "mercredis" trouvera très vite singulier. Bien qu''il soit encore jeune, (à peine la quarantaine) ,plutôt séduisant, qu''il ait fait une guerre courageuse dont il est sorti indemne, qu''il semble jouir d''une santé parfaite et que sa fortune enfin ne fasse aucun doute, Jean-François vit seul avec sa mère dans une vaste propriété au bord de l''océan, tout près de Nantes et on ne lui connaît aucune relation féminine. Voilà qui suffit à faire tourner toutes les têtes et à entraîner suppositions et critiques évidemment malveillantes. Il n''a pas l''air de s''en émouvoir, demeure courtois et lointain, toujours entouré de femmes mais n''en remarquant aucune en particulier. En secret, Marie l''a surnommé
Narcisse à cause de sa tristesse et d''un destin qu''elle devine tragique.
Marie commence à trouver du sel à l''existence depuis qu''elle a l''occasion d''exercer ses talents d''observation. Elle remarquera très vite qu''Olga est tombée éperdûment amoureuse de Jean-François qui s''en tient,quant à lui , à une sorte d''amitié tendre et respectueuse. Mais Olga ne veut pas être respectée. Elle sait que l''âge la menace de toutes parts et qu''il s''agit là de son dernier amour. Elle dit sa déception et ses frustrations à Marie, élevée au rang de confidente qu''elle tient avec un rare talent.
C''est alors que survient Nathalie, la demi-soeur d''Olga, séduisante, coquette et sans scrupules. Entre elle et Jean-François, c''est un véritable coup de foudre. Blonde autant qu''il est brun, rieuse alors qu''il sombre, absorbés l''un par l''autre, ils forment un attelage superbe dont chacun a du mal à détacher les yeux. Seule Olga conserve un visage calme
Marie sait et devine tout, mais sa place est dans les coulisses, d''où elle surveille la scène sans jamais se mêler à l''action, même lorsque le dénouement prendra la forme d''une terrible tragédie.
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