Réédition de films japonais des années 1960 au travers du cinéaste Masahiro Shinoda
Masahiro Shinoda représente la
nouvelle vague des années 1960 en matière de
cinéma japonais.
Une nouvelle vague dans le cinéma est comme une déferlante d’une nouvelle manière de filmé, d’aborder l’histoire de son pays d’une manière différente. De lui prêter d’autres aspirations, de se désengager d’une machine de grandes industries cinématographiques, de développer des idées nouvelles, souvent d’avant garde, etc…
Des réalisateurs comme Nagisa Oshima ou Shodei Imamura en sont également l’illustration, ils ont refusé au prix parfois de sacrifice de toutes sortes à se fondre dans un modèle de réalisation conformes aux exigences en vogue au Japon. Il ont apporté un nouveau regard sur le cinéma.
Masahiro Shinoda peut être moins connu que Imamura fait partie intégrante de ces cinéastes de la nouvelle vague des années 1960 au Japon. Ces films abordent les questions politiciennes, dans un contexte historique généralement évité. Il s’affirme dans ces choix cinématographiques, ils brisent les conventions, distille des films moins opposés au pouvoir en place, introduit plus d’onirisme, de rêve. Il fait appel à des musiques stylisées signé Toru Takemistu.
Le coffret de ces quatre films, éditer par Wild Side permet de s’en rendre compte. Parcours d’un cinéaste Il est né en 1931, à Gifu. Il est au commencement de sa carrière assistant réalisateur d’Ozu à la Sochiku, principal
studio japonais de l’époque.
En 1966, il réalise des films pour ce studio.
Assassinat en 1963, film de sabre. L’histoire se situe au XIXe siècle et s’attache à un personnage historique : Hachiro Koyakawa, qui après s’être ralié à des groupes armés souhaitant défier les guerriers de l’empereur fait volte face et se tourne vers lui. La caméra joue sur les ralentis, les décors sont secs, épurés. Les combats chorégraphiés sont limités, la violence induite et rude. Cette réalisation rompt avec la production courante.
Fleur pale , réalisé la même année s’introduit dans l’univers du jeu et des yakusa. Ce film repose sur l’attirance d’un yakusa désoeuvré envers une joueuse de cartes. La censure lui reprochera d’ailleurs l’apologie envers les jeux.
La Guerre des espions toujours en 1966 , retour aux combats de sabre. Le film se veut onirique envers la position d’un
Japon qui cherche sa place durant la guerre froide. C’est une sorte de métaphore de cette guerre et la position introuvable du Japon suivant un regard contemporain.
Le quatrième film est Double suicide à Amiata produit par Synoda lui-même, son premier film en tant qu’indépendant de son studio qui li a appris le métier. Le film repose sur les rachats de prostitués et amants cependant traités de manière distanciée et esthétique et suivant également l’aspect politique.
Les bonus ou suppléments consistent principalement à un entretien avec Shinoda remarquablement éclairant.
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