Le
siège de mes
émotions avait rejeté l'amour et le combattait sauvagement. Ses armes n'étaient faites que d'attentions glaciales et de tortures psychologiques. Aucun espoir, aucun désir ne pouvait s'emparer de lui. L'image de sa dureté circulait dans les âmes qu'il rencontrait. La souffrance qu'il infligeait, devenait sa seule jouissance. Son monde berçait les naïfs dans des mers d'illusions et de confusions. Il détenait toutes les règles du jeu...
Mon
âme, enfermée dans un corps dirigé par ce
cœur tyrannique, disparaissait progressivement… Personne ne l'entendait car ses cris étaient étouffés. Elle était ligotée fermement par des chaînes beaucoup trop oppressantes pour qu'elle puisse s'en défaire . Elle refusait pourtant de devenir inanimée. Elle luttait.. Elle s'épuisait… La dureté de mon cœur se renforçait… Il ne ressentait plus aucune méfiance, certain de vaincre chaque intrusion affective… Sa certitude lui fit baisser les armes. Un cœur intrépide, caché sous le masque de l'indifférence, s'approcha avec finesse et intelligence auprès du siège de mes émotions. Il le flatta, l'honora et devint ainsi son plus intime confident. Mais ce cœur audacieux posséder une arme d'amour redoutable : une « Belle Âme ». Cette dernière était intriguée.. elle s'interrogeait… elle désirait tant rencontrer l'âme de ce corps ligoté par un cœur dictateur. Après d'importantes recherches, qui parfois l'ont portées vers des lieux où le diable lui-même aurait pu prendre pour demeure, elle la
trouva. Elle me trouva.
Mon âme était apeurée, épuisée, cachée… Le torrent d'amour qu'elle m'offra, déversa un florilège d'émotions qui commença à irradier mon corps par mes veines… ce fut brutal et déroutant. Ma première
larme se forma avec délicatesse. Elle pansa dans son passage toutes les duretés que mon cœur avait accumulées. Mon œil gauche fut sa porte de libération… Le siège de mes haines était mort.
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