J'avais acheté le
livre à un relais de gare, lors de l'un de mes voyages en train. Parcourant quelques pages, il n'avait pas retenu mon attention. Rentré chez moi, je l'ai déposé sur une étagère de ma bibliothèque. Le
temps a passé... Puis un jour, mon instint m' a fait reprendre Dora Bruder .
Modiano a voulu retrouver les traces quasi invisibles d'une jeune fille de seize ans qui a réellement existé. Une presque personne, une anonyme avalée par Auschwitz, en même temps que ses deux parents. Le livre refermé, il reste comme une poussière de papillon sur le bout des doigts et une impression de vide impossible à combler.
On ne saura jamais grand chose de Dora et de sa famille, sauf
qu'ils étaient de pauvres
gens, des étrangers, le père autrichien, la mère russe contre lesquels la
barbarie du monde s'était liguée pour les abattre et les effacer de la surface de la terre. Cette barbarie a eu ,au moins, deux visages, celui des nazis et de Français complices qui se sont empressés de livrer leurs hôtes et leurs concitoyens aux bourreaux.
L'Histoire ne retient pas le nom des gens de peu... L'écrivain tente de restituer leur souvenir avec si peu d'éléments en main. Le résultat de l'entreprise est qu'il nous rend inconsolable de la mort de Dora. Une inconnue, une ombre, une silhouette traversant les rues de Paris, habité de son absence.
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