Richard Russo est reconnu en littérature comme l'un des grands maîtres du roman américain actuel. Il avait obtenu le
Prix Pulitzer pour "Le déclin de l'Empire Whiting", bouquin génial sur la
vie des petites gens d'une petite ville paumée de
l'amérique profonde.
Avec "
Quatre saisons à Mohawk",
mêmes décors, même situations miteuses et mêmes
personnages plus ou moins à la coule. Cette fois Russo nous raconte carrément ses années (réelles ou fantasmées) d'adolescence entre une mère possessive et dépressive et un père semi-chômeur et totalement alcoolique qui passe sa vie dans les bars et survit de jobs temporaires mais uniquement à la belle saison. On trouve également toute une galerie de personnages aussi insignifiants que pathétiques, prolos blancs ou noirs, beaufs de la pire espèce sur lesquels Russo porte un regard
d'entomologiste.
Ce livre me semble cependant moins
réussi que "
Le déclin de l'Empire Whiting" car il donne l'impression d'une
utilisation systématique d'un procédé qui a d'ailleurs bien réussi à l'auteur : celui du
pointillisme, de la narration de micro-faits de quasi non-évènements. la vie de tous les jours, quoi, grise, triste et morne comme Mohawk. On est loin d'hollywood, des paillettes et du glamour frelaté ! Quelquefois, le bouquin finit par tomber des mains, mais l'ensemble est racheté par la
fin touchante et dramatique...
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