" La
possibilité d'une île "
est un
livre qui a fait grand bruit lors de sa sortie très médiatisée. Michel Houellebecq est un malin, mais est-ce pour autant un pro du marketing, comme le prétendent ses " ennemis " ? Doit-il rougir de son succès, ou le juger illégitime ? Peut-on lui reprocher d'attirer autant l'amour fou que la haine farouche ?
Pourquoi se poser tant de questions, puisqu’avant tout, Michel Houellebecq est un écrivain, qui dérange, certes, qui dit les choses crûment, certainement, mais qui les dit de manière juste et sincère. On peut juger son attitude cynique, tout comme on pouvait dire de Gainsbourg
qu’il était lui aussi sacrément habile derrière son attitude auto-destructrice. " La possibilité d’une île " est un livre qu’il faut lire, donc, une fois que l’orage médiatique est passé. Le " suspens Goncourt " est terminé, puisque Houellebecq s’est fait coiffé au poteau par Weyergans, beaucoup plus " littérairement correct ". " La possibilité d’une île " a été jugé de manière extrême : les uns
ont dit que le livre était nul, et les autres n’ont pas hésité à parler de chef-d’œuvre. Sans aller jusque là, disons que " La possibilité " est le livre dans lequel Houellebecq se livre de la manière la plus absolue qui soit. On y retrouve tous les éléments qui ont fait son succès (l’humour à froid, les scènes de sexe, les élans poétiques et désespérés, etc.). Mais ce qui frappe le plus, c’est que ce livre constitue une mise en abîme de tous ces éléments. A travers cette histoire de vie éternelle, via le clonage humain à la " Raël ", Houellebecq nous invite à réfléchir sur ce qu’est la vie, non pas éternelle, mais la vie en elle-même, comprise entre la naissance et la mort...
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