Cela fait, près de trois heures qu'Annabelle attend dans le couloir, quand un interne arrive l'air morose.
-C'
est vous son amie?
-Oui, pourquoi?
-Elle vous demande!
-Comment va-t-elle?
-Avis réservé! Je ne sais pas encore quel genre de poison c'est, mais il est méchant celui-
là!
-Poison! Ce n'est pas une allergie? Elle ne va quand même pas...
-Là, je ne peux rien vous certifier!
-Que puis-je faire pour l'aider?
-Déjà, allez la voir! Pour tout vous dire, c'est peut-être la dernière fois...
Quand elle entre dans la chambre, Annabelle a la gorge serrée. Elle a envie de pleurer toutes les larmes de son corps. Son amie, elle l'a connu trois jours et déjà elle avait l'impression de l'avoir toujours connue.Ce doit être cela l'amitié, un sentiment pur, éternel, sans arrière pensée.S'approchant du lit, elle s'assied près d'elle, lui prend la main.A ce moment là, Florence tourne la tête vers elle.
-Tu es là? C'est bien! dit-elle dans un soupir, d'un ton à peine audible.
Annabelle bouleversée, submergée par l'émotion, a du mal à se contenir.
-Oui, ma chérie,..., je suis là! Je serais toujours là pour toi... Le monde peut s'écrouler,..., je ne verrais,..., toujours,..., que toi, mon amour. S'il le faut,..., je retournerais l'univers pour que tu sois la plus heureuse, la plus choyée, la plus adorée...
Avec grande difficulté, Florence murmure.
-Nous aurions pu,..., nous aimer longtemps, Annabelle!
-On s'aimera longtemps mon amour! Depuis que je t'ai vu, je t'aime! Je hurlerai au monde tout mon amour, tout l'amour que j'ai pour toi au fond du cœur!
Les sanglots lui montaient, seuls, lourds, inexprimables, tellement ils sont horribles.
-Moi, aussi mon coeur ! Articule avec difficulté Florence.
La voix de Florence est fatiguée, comme si elle n'avait plus de vie déjà. Son souffle se fait moins ample.Ses yeux, presque vide, comme si déjà, elle était partie.Du regard, elle cherche Annabelle, qu'elle ne voit plus.A ce moment là, sa main serre dans un dernier souffle la main d'Annabelle. Dans un ultime effort, elle arrive à articuler, mais elle est presque incompréhensible, le ton est si faible.
-Au revoir,..., mon aimée!...
-Florence! Florence! Hurle Annabelle.
Mais, c'est fini, Florence n'est plus.Elle reste un moment à la regarder, les yeux pleins de larmes.Dans le couloir, attendent l'interne, un policier, et une petite dame, avec un homme.
-Bonsoir mademoiselle!
-Bonsoir monsieur!
-Je suis le brigadier qui doit prendre votre déposition. Mais bon, cela peut attendre demain. Vous pouviez passer au commissariat central demain dans la journée?
-Oui,..., laissez-moi maintenant! Lui dit-elle d'une voix lasse et rauque.
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