La
littérature populaire, longtemps méprisée, recèle ses trésors et « Bois d’ébène » en
est un. Slaughter, grand spécialiste du genre, nous livre ici un authentique joyau.
Le docteur Michel Stone est capturé et obligé à travailler sur un bateau qui
fait la traite d’
esclaves. Dégoûté, il réussit à s’échapper. Mais c’est pour se retrouver dans la Floride de 1817, encore sous domination espagnole et envahie par des aventuriers. Stone se verra mêlé à des événements violents qui aboutiront au départ des Espagnols et au passage de la Floride sous l’autorité américaine.
Tout cela peut paraître classique, et ce roman l’est. Cependant, il est nécessaire de regarder l’année de sa parution, 1949, pour trouver des motifs d’étonnement. D’abord, le sexe. Les femmes de cette histoire (nobles aristocrates ou belles métisses) abordent la sexualité sans aucun détour. Elles revendiquent le plaisir sexuel autant que les hommes. Ensuite, il y a la description de l’esclavage. L’auteur, visiblement bien documenté, brosse un tableau saisissant de l’horreur dans laquelle vivaient les esclaves. Des pages insoutenables. Oui, en 1949, ce bouquin devait vraiment se révéler audacieux, voire avant-gardiste.
Flamboyant, éblouissant, passionnant, « Bois d’ébène » est de la vraie et grande littérature populaire, comme on n’en fait plus aujourd’hui, parce que… Mais pourquoi, au juste ?
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