Donner sa
langue au "
Chat" ? Beaux
mots, jeu de mots, mots d''esprit, mots à gentillesse, plaisanterie, pointe. Sur Internet la langue devient autre, bourrée de fautes de
langage, elle subit une réelle détérioration.
Est–il légitime de parler avec un faux langage, de conférer aussitôt l''individu, avec ce qu''il représente, sous des formes remarquablement différentes ? Le langage, avec lequel les hommes échangent des informations, présente des suggestions, posent des questions qui rythment et enrichissent leur vie quotidienne. Ce nouveau langage du chat sur Internet, est–il en tout degré, semblable à celui, qu''on utilise pour élaborer, transmettre et accumuler les connaissances ? Absolument pas. La langue du chat est plus sèche, froide, sans aucune animation, ou présence de vie. Pour la simple raison, qu''elle se positionne, comme la version ratée de la langue. Si les mondes de l''économie, du travail, et du langage sont trop ambigus et trop vastes pour pouvoir être discutés ensemble, le langage sur internet doit susciter un intérêt tout particulier, et ce pour plusieurs raisons : - Rareté relative des travaux linguistiques sur le chat sur Internet - Caractère plus paradoxal vis-à-vis du temps - Plus grande prégnance à l''égard du sujet humain. C''est essentiellement, la médiation linguistique, qui composera corrélativement : l''objet, qu''est Internet, et les sujets, qui sont les internautes. D''une part, l''objet ne présente qu''un large espace pour le sujet, qui est capable de l''adopter, ou de l''opposer, de le consolider, en le désignant, pour pouvoir s''y référer, quelles que soient ses variations. En deçà, de l''objectivation scientifique, le monde Internet est un monde de perception proprement humaine. Il est donc inséparable du langage, qui vient lui procurer une forme. Mais, il se trouve que ce langage est absolument sans fondement. Des milliers de personnes, chaque jour, adopte le &
laquo; chat &
raquo;, comme une fenêtre d''échanges humains, de communication et de dialogue. Le « chat », rassasié de fautes et d''erreurs, ne peut que nuire à toute une génération future, et la conditionner d''ignorances linguistiques. Un jeune, qui ne connaît la valeur des mots qu''à partir du chat, ne peut jamais se dresser aux rangs des personnes parlant et écrivant, plus ou moins, sans terribles fautes de langue. S''il en va bien ainsi, plusieurs problèmes, se déclencheront sans limite. Pour celui qui s''intéresse au fonctionnement du langage, il est donc tout à fait normal, d''employer des termes singuliers et théoriquement superflus, dans le langage courant. Ce qui est dangereux, c''est que la langue du « chat » utilise non seulement ces termes singuliers, mais plus souvent des termes sans aucun sens linguistiques. L''avènement d''une chronologie réelle participe, pour sa part, à une genèse de conscience : puisque l''évaluation du réel, que présentent ses pensées, se substitue aux faits de l''avenir - d''une vue critique. Un système de jugement domine, plus ou moins finement, la diversité empirique d''Internet. On résume par là que la confirmation que la langue, digne de ce nom, la pensée est bien autre chose qu''un tic du réel : une manière d''avoir position à son égard . Certes, ce temps opératif, qu''est le temps du « chat », présente une double complexité. D''une part, en ce qu''il joint la possibilité de communication, donc une plus large occasion de faire circuler des erreurs de langues, d''autre part, sa position dominante dans le monde de la communication des jeunes. La genèse de cette activité est tout a fait inséparable des potentialités du sujet et de l''organisation de la vie moderne, et surtout cybernétique. La plénitude relative qui circule ainsi dans le chat sur Internet, aussi dans l''organisation du sens, au sein du langage, épouse ce qui a été reconnu être sa flexibilité. Le langage lui-même peut êtreour résoudre ce problème, il serait très utile, par exemple, de mettre en service un serveur spécialement conçu pour le « chat », et qui pourrait relativement imposer un langage correct et pratique à la fois. Cependant, la linguistique, qui ne saurait laisser de côté le moindre aspect de l''acte de langage, ne peut s''en attacher aux disciplines considérant son activité représentative. En cherchant à sensibiliser du discours, d''autant plus volontiers qu''il est seul manifeste. Ainsi s''achève la linguistique cybernétique ne pouvant être représentée que par des signaux à la place des mots. Il est à la fois ce qu''on attend et ce qu''on redoute davantage, parce que, pour rejoindre le flux auquel le « chat » sur Internet suit actuellement, on se retrouvera avec des individus parlant de non–sens.
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